Un baril de pétrole bientôt à 200 dollars ? Certains analystes l’avaient prédit la semaine dernière, et si on n’y est pas encore, la menace se précise. Car dans la nuit de dimanche à lundi, le pétrole a bondi de 30%, le baril de WTI (référence américaine sur le marché) ayant dépassé dans un premier temps les 100 dollars puis 115 dollars. Il s’envolait encore ce lundi matin vers 5h à de 25% à environ 114 dollars. De son côté, le baril de Brent de la mer du Nord flambait de 22,99 % également à 114 dollars.

Dans la nuit, les deux références ont même dépassé les 119 dollars par baril. Ce sont des niveaux plus atteints depuis juillet 2022, en cause évidemment, la guerre au Moyen-Orient, puisque dimanche 8 mars, des dépôts de carburant de la banlieue de Téhéran ont été bombardés, rappelle RMC, alors qu’une attaque d’un gisement de pétrole en Arabie saoudite a eu lieu la veille. Dans le même temps, le trafic est toujours à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, contrôlé par les Gardiens de la Révolution.

Le «prix à payer» pour Donald Trump

«Cette hausse brutale reflète avant tout l'escalade des tensions au Moyen-Orient et la crainte d'une perturbation durable des flux énergétiques mondiaux», a analysé dans la foulée John Plassard, associé chez Cité Gestion. Lors de la semaine écoulée, plus de 35% de hausses avaient déjà été constatées. Dans le même temps, certains pays commencent à ralentir leur production. C’est le cas de l’Irak, du Koweït ou des Emirats arabes unis qui anticipent un engorgement de leur capacité de stockage.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Donald Trump a laissé entendre que c’était «un faible prix à payer pour la sécurité et la paix des Etats-Unis et du monde», tout en prédisant une baisse des prix une fois la menace nucléaire iranienne écartée. Dimanche soir, l’Iran a choisi Mojtaba Khamenei, fils d’Ali Khamenei, pour être le nouveau guide suprême iranien, sous-entendant que le pays ne se soumettra pas aux demandes des Etats-Unis de capitulation.

De quoi faire grimper les prix à la pompe ? Sur RTL, l’économiste Philippe Chalmin le craignait. Il prévoyait que «si on atteignait les 100 dollars le baril, nous serions très probablement assez proches des 2 euros le litre pour du SP95». C’est donc déjà le cas, et dans les stations-service, la colère gronde déjà face aux tarifs pratiqués, raison pour laquelle le Premier ministre a annoncé 500 contrôles supplémentaires. Les tarifs vont-ils continuer à augmenter ? Tout dépendra de l’évolution de la situation au Moyen-Orient.