Un navire russe est-il passé tout près des côtes françaises sans être repéré ? Il semblerait bien que oui à en croire les informations de La Presse de la Manche. Le Boikiy, une corvette russe de classe Steregushchiy, aurait même escorté deux pétroliers de la flotte fantôme russe en tentant ainsi de contourner les sanctions internationales. La scène semble s’être déroulée samedi 21 juin, lorsque le Selva (appelé aussi Nostos ou Naxos), battant pavillon Palaos, ainsi que la Sierra (appelé également Suvorovskiy Prospekt), battant lui pavillon Malawi, ont été escortés par la corvette.

Si ces deux navires sont normalement sous sanctions britanniques et européennes, ils sont parvenus à passer à travers les mailles du filet, et ce pour la première fois, selon un journaliste indépendant russe. La Boikiy, qui n’avait pas activé ses systèmes de suivi après avoir quitté la Guinée, n’aurait ensuite pas activé son système d’identification automatique (AIS). A la place, la corvette aurait utilisé un identifiant plus générique, précise la BBC, un numéro utilisé précédemment par d’autres navires.

Direction la Russie et Kaliningrad ?

Nos confrères anglais sont allés plus loin en analysant des images satellites et se sont aperçus que la corvette a continué son chemin jusqu’à passer sous le pont danois de la liaison du Grand Belt. Pourquoi une telle escorte ? A cause des sanctions européennes principalement, qui auraient incité la Russie à protéger ses pétroliers. «Cette action semble avoir pour but de dissuader le Royaume-Uni et d’autres États de l’OTAN de tenter d’arraisonner et/ou de saisir ces navires, car la présence d’une escorte militaire accroît le risque de confrontation et d’escalade», a décrypté auprès de la BBC, Dmitry Gorenburg, chercheur au Centre d’analyses navales.

Toutefois, le processus interroge, comme le confirme auprès de la BBC un ancien officier de la Marine belge, Frederik Van Lokeren. Selon lui, les Russes «restent plutôt cachés» et éteignent leur signal. «Lorsqu’ils se camouflent comme cela, c’est très très rare», ajoute-t-il. Reste à savoir où ils se dirigeaient, mais les navires ont continué dans la mer Baltique donc pourraient se rendre du côté de Kaliningrad.

La Russie envoie-t-elle un message à l’Europe ou engage-t-elle un bras de fer avec les navires de l’OTAN ? Comme le rappelle La Presse de la Manche, en février dernier, quatre navires et cargos russes étaient accompagnés par la frégate Amiral Golovko. Cette dernière pourrait avoir transporté des missiles de croisière hypersoniques de type Zircon. Si ces traversées venaient à se répéter, les relations diplomatiques entre les différents acteurs pourraient largement en pâtir. De quoi tester les Occidentaux ?