Vers une rentrée explosive ? Le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Frédéric Souillot, vient de déposer sur le bureau de François Bayrou un courrier musclé dans lequel il informe le premier ministre que son syndicat appelle à «la mobilisation et à la grève» contre les grandes lignes du budget 2026 présentées le 15 juillet dernier. La troisième organisation syndicale française dépose un préavis de grève qui «débute le 1er septembre (et court) jusqu’au 30 novembre 2025», précise Frédéric Souillot dans cette lettre datée du vendredi 25 juillet, consultée par l’Agence France presse (AFP).

Le syndicat «appelle les salariés et travailleurs du privé et du public à la mobilisation et à la grève contre les mesures budgétaires annoncées le 15 juillet dernier», est-il précisé dans le courrier. «Toutes les organisations syndicales sont unanimes sur le refus des politiques d’austérité qui font payer les travailleuses et les travailleurs, les précaires, les demandeurs d’emploi ou encore les retraités», ajoute Frédéric Souillot, qui dénonce des «mesures brutales» et «injustes». C’est le cas, selon lui, de «la suppression de deux jours fériés, de la remise en cause de la cinquième semaine de congés payés, du droit du travail et d’une énième réforme de l’assurance chômage», de «la désindexation des pensions de retraite » et «du doublement des franchises médicales».

Les organisations syndicales déjà vent debout contre le budget 2026 de François Bayrou

Le syndicaliste indique que cette lettre «vaut préavis de grève pour les secteurs où la législation l’y oblige» et appelle à d’autres «solutions» qui «intègrent une contribution sur les plus hauts revenus ou les entreprises, ou encore la conditionnalité des aides publiques aux entreprises». Frédéric Souillot a décidé de poser un «jalon» sans attendre la réunion de l’intersyndicale programmée le 1er septembre.

En effet, dès le lendemain de la présentation du plan de redressement des finances publiques de François Bayrou, les organisations syndicales sont montées au créneau. Sophie Binet, à la tête de la CGT, a appelé elle aussi à la «mobilisation» de «l’ensemble des travailleuses et des travailleurs choqués par ces annonces». Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a déclaré que «la mobilisation n’est pas du tout exclue». En attendant de se réunir, les organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU, Solidaires) ont lancé une pétition pour dire «non au budget Bayrou» ,qui récoltait plus de 280 000 signatures mercredi, et une plateforme de «décodage» des mesures annoncées.

En parallèle, des appels à la mobilisation pour le 10 septembre circulent sur les réseaux sociaux hors des centrales syndicales. Le collectif citoyen baptisé «Bloquons tout !» défend l’idée d’un blocage national pour protester contre le budget de François Bayrou et invite à un «arrêt total et illimité du pays à partir du 10 septembre». Le mouvement, qui se dit apolitique, a pourtant été repris par des figures à l'extrême droite mais aussi à gauche. Pour le moment, le collectif, qui rappelle celui des «gilets jaunes», s’organise encore.