La vente de LMB Aerospace à l’Américain Loar Group a relancé la polémique de la fuite des entreprises françaises vers les États-Unis. Une controverse qui n’est pas nouvelle, puisqu’elle avait déjà été ouverte dix ans plus tôt, lors de la cession d’Alstom à General Electric. Le ministre de l’Économie Roland Lescure, dans une interview accordée aux Échos samedi 31 janvier, se défend. Par ailleurs, Bercy a mis son veto au rachat des antennes d’Eutelsat par le Suédois EQT, et posé des conditions au rachat de Biogaran par BC Partners.

De son côté, le ministre défend sa décision de céder LMB Aerospace, qu’il qualifie d’«exigeante», et assure avoir imposé des conditions extrêmement robustes. Quant aux attaques allant de la gauche à l’extrême droite, Roland Lescure répond vertement. «Quand Sarah Knafo, Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon sont d’accord sur quelque chose, c’est sans doute qu’ils sont en train de raconter n’importe quoi», va-t-il jusqu’à déclarer.

Un arbitrage au cas par cas

Face aux accusations de logique du «deux poids deux mesures», le ministre rappelle que la France contrôle les investissements étrangers rigoureusement, grâce à des dispositifs qui ont été renforcés par la loi Pacte. «Dans tous les cas, nous appliquons strictement la loi», martèle-t-il. Pour Eutelsat, Bercy assume avoir bloqué la cession, l’entreprise étant liée à des communications civiles et militaires, un actif stratégique donc.

Pour Biogaran, le ministre explique qu’il s’agit d’une cession encadrée. Il distingue «les investissements que l’on interdit formellement» et «ceux qu’on dissuade», rappelant l’offre antérieure où le risque de délocalisation de l’entreprise lui paraissait inenvisageable. Le ministre défend donc le projet actuel, qui est accompagné d’exigences, comme le maintien de stocks stratégiques, ou encore la préservation des emplois, et de l’entrée de l’État français au capital, via Bpifrance.