
En octobre dernier, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, annonçait la future livraison de douze nouveaux canons Caesar à l’Ukraine. Fierté nationale et pièce majeure de l’artillerie française, le canon Caesar est souvent mis à l’honneur lors du défilé du 14-Juillet mais il est aussi vital aujourd'hui pour Kiev. Produit à Bourges par KNDS (ex-Nexter), c’est un des systèmes d’artillerie les plus prisés du marché. Avec son obusier automoteur de 155 mm doté d’un calibre 52, il a été conçu pour offrir une mobilité optimale et une précision redoutable, rappelait Capital il y a quelques jours.
Son système permet notamment un pointage automatique et des calculs balistiques en temps réel grâce à un contrôle de tir numérique. Son système de blindage STANAG 2 le protège également contre les tirs d’armes légères et les éclats d’artillerie. Et il peut être équipé d’un brouilleur Thales BARRAGE. Monté sur un camion, il est capable de tirer six coups par minute et viser des cibles jusqu’à 40 kilomètres, rappelle TF1.
18 mois pour produire un canon Caesar
Si la cadence de production s’est accélérée avec la guerre en Ukraine, il faut environ neuf mois pour fabriquer le canon, et dix-huit mois pour le système complet avec le camion. Avec ses 500 pièces, son prix est estimé entre trois et quatre millions d’euros. Sa capacité de production s’est d’ailleurs envolée, car, s’il avait été vendu à plus de 300 exemplaires en juillet 2023, ce sont désormais plus de 650 unités qui ont été vendues à travers le monde à plusieurs pays, dont la France, évidemment, mais également l’Arabie saoudite, l’Indonésie, la République tchèque ou encore la Lituanie.
Au total, les revenus générés par les canons Caesar atteindraient environ deux milliards d’euros. Début 2024, le ministre des Armées affichait son objectif de production de 78 canons Caesar pour l’Ukraine, tout en voulant «inciter les Européens et nos alliés à se partager cette facture». Sur le front, les Ukrainiens utilisent ces canons pour détruire des cibles russes, comme les chars, les blindés voire des postes de commandement.
En 2022, un soldat ukrainien expliquait à TF1 que le système leur permettait d’avoir «l'avantage en termes de rapidité» puisque «l'ennemi n'a pas le temps de [nous] localiser et de [nous] viser». Un atout encore stratégique alors que l’aide militaire apportée à Kiev s’essouffle petit à petit.



















