
Ils en ont assez. A Pornic, en Loire-Atlantique, Gildas et Solenn Sibiril, aux commandes du restaurant Marius, ont poussé un coup de gueule sur les réseaux sociaux, repéré par Ouest-France : «Resto basket, et si on parlait du vrai prix ?», écrivent-ils, pour dénoncer l'attitude de certains clients qui quittent l'établissement sans régler. «Avant cette saison, en six ans, on avait eu qu'un seul resto basket. Depuis un mois et demi, à trois reprises des clients sont partis sans payer», déplore Gildas Sibiril auprès du journal. Dernier épisode marquant : le soir du feu d'artifice du 14 juillet, une table de quatre adultes et deux enfants a tenté de s'éclipser, laissant derrière elle une ardoise de près de 200 euros. Cette fois-là, le personnel a pu intercepter les contrevenants.
Le restaurateur raconte surtout le malaise que laisse ce type d'incident. «Sur le moment, cela peut sembler malin ou même drôle à celui qui le fait, mais derrière, il y a un jeune serveur qui regarde la table vide et sent son estomac se nouer…» A quelques kilomètres, la crêperie La Source, à Tharon-Plage, a vécu trois mésaventures similaires cet été. Ses propriétaires, Côme et Gwen Dessaux, ont dû s'adapter : ne jamais laisser la terrasse sans surveillance et apporter l'addition immédiatement après le repas. «On n'aime pas travailler comme ça, mais on est obligés», regrettent-ils.
Des mesures pour contrer les impayés
Sur Facebook, le coup de gueule du Marius a été relayé des centaines de fois et accompagné de nombreux messages de soutien. «Ça nous fait chaud au cœur. Aller au restaurant, c'est un moment de plaisir. Les gens s’échappent de leur quotidien, c’est aussi ça notre rôle». Alors que certains professionnels investissent dans des caméras de surveillance ou demandent une empreinte bancaire lors des réservations, pour Gildas Sibiril, pas question de basculer vers un système de paiement avant service ou d'embaucher un vigile. «On croit encore au lien humain, à la confiance mutuelle».
Malgré la recrudescence de ce phénomène dans une période où beaucoup de consommateurs dénoncent les prix pratiqués dans certains établissements, peu de restaurateurs portent plainte lors des resto-baskets. Etienne Naud, commandant de la compagnie de gendarmerie de Pornic, encourage pourtant à réagir vite : «Il faut nous appeler tout de suite lorsque cela se produit. Avec une description, nous pouvons retrouver assez vite les personnes parties sans payer». Les auteurs de tels faits encourent jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende.



















