C’était le fil rouge des discussions qui se sont tenues autour du budget 2026. Si l’exécutif était prêt à des concessions, il fallait que les mesures prises (économies et dépenses) permettent au déficit public d’être autour de 5% du PIB. Et si le budget a été adopté, le gouvernement assure que cet objectif sera atteint, et qu’on passera même sous les 5%. Très rapidement, l’agence de notation américaine Moody’s s’est montrée perplexe, ajoutant que «la réduction du déficit en 2026 reposera essentiellement sur une augmentation des recettes».

Un discours que partage la directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFRAP). Dans un édito réalisé sur Europe 1, Agnès Verdier-Molinié n’est pas tendre avec le gouvernement : «Ces fameux 5%, ce sont avec ces même 5% qu’ont été vendus tous les renoncements», lâche-t-elle, avant d’énumérer ces fameux «renoncements» comme le recul sur les retraites, l’augmentation des impôts sur les entreprises, le recul sur les économies et l’année blanche.

Un déficit à 165 milliards d’euros fin 2026 ?

Selon elle, il est aujourd’hui impossible de «croire qu’on va tenir ces 5,4% de déficit par rapport à la réussite nationale alors que rien n’a changé en 2026 par rapport à 2025». Elle pose la question : «Quels sont les efforts ?», avant de répondre elle-même : «Il n’y en a pas.» Soulignant que dans le budget initial en 2025, le gouvernement était parti sur un objectif de 4,7% de déficit, au final, il a été de 5,4% en fin d’année. «Qu’est-ce qui ferait que 2026 serait meilleure ?», demande-t-elle.

Toutefois, le gouvernement semble se satisfaire des recettes en 2025. «Si l’on en croit la situation mensuelle budgétaire de l’Etat, les recettes seraient mieux rentrées que prévu», reconnaît la présidente du think tank. «Mais si le déficit de l’Etat est moins élevé que prévu, c’est de l’affichage», dénonce-t-elle, car «cela ne changera pas la donne du déficit total».

L’iFRAP a d’ailleurs fait ses petits calculs, et selon ses prévisions, «le déficit public sera toujours de 165 milliards d’euros, comme en 2025, donc autour de 5,4% du PIB de notre pays», met en avant Agnès Verdier-Molinié. Quelques heures plus tard sur CNews, l’essayiste a souligné qu’il y aurait bien une discussion budgétaire en 2027, mais il y aura «quasiment une obligation à revenir sur des taxes exceptionnelles qui vont être resservies ou alors on (ira) vers un déficit de 6%».