Alors que la guerre au Moyen-Orient bouleverse l’équilibre géopolitique mondial, ses répercussions économiques commencent déjà à se faire sentir en France : les prix du carburant explosent, les taux d’intérêts de la dette française à échéance à dix ans augmentent jusqu’à 3,81 %. Un taux qui n’avait plus été atteint depuis 2009. Cette situation n’arrange pas la France, qui est déjà en difficulté avec ses finances publiques. «Nos finances publiques sont d’une extrême fragilité, nous sommes à sec», a alerté la directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, Agnès Verdier-Molinié, sur le plateau de CNews, jeudi 26 mars.

Et pour cause, la dette française est actuellement supérieure à 3.500 milliards d’euros. Ce qui complique les aides potentielles du gouvernement comme une baisse des taxes sur les carburants. Pour Agnès Verdier-Molinié, deux erreurs sont responsables de la déchéance de la dette publique française. «Depuis 1974, nous avons enchaîné les très grosses bêtises», dénonce-t-elle, «la retraite à 60 ans en 1982» et «les 35 heures aussi chères à Lionel Jospin en 1998 et 2000».

Une dette similaire à celle de l'Allemagne ?

«Rien que ces deux décisions démagogiques pour travailler moins et moins longtemps sont responsables d’une grande partie de la dette en France», explique-t-elle, ajoutant que sans «ces deux décisions, nous aurions une dette autour de 2.000 milliards d’euros de dettes, soit 65 % de la richesse nationale», comme en Allemagne.

Et la situation ne devrait pas s’arranger à l’avenir. Selon le gouverneur de la Banque de France, la charge de la dette atteindra «plus de 100 milliards», en 2030. «C'était 30 milliards de charges d'intérêts en 2020, et ce sera plus de 100 milliards à la fin de la décennie», affirmait François Villeroy de Galhau en novembre 2025, sur franceinfo, insistant martelant le fait de réduire les déficits. «Ces 70 milliards supplémentaires, c'est autant que nous ne pouvons pas consacrer à l'éducation, à la lutte contre le changement climatique ou à la défense. Il faut absolument sortir de cet étouffement progressif», insistait-il.

La charge de la dette proche des 60 milliards d'euros en 2026

Cette année, la charge de la dette devrait s'élever à 59,3 milliards d’euros, contre environ 55 milliards d’euros en 2026, selon le programme publié le 14 octobre par l'Agence France Trésor (AFT), responsable de la gestion de la dette de l'État. C’est désormais le deuxième poste de dépense de l’État, après l’Éducation nationale.

>> Notre service - Pour vous aider à choisir les meilleures SCPI, bénéficiez de conseils d’experts gratuits grâce à notre partenaire