
560 000. C’est le nombre de foyers éligibles (un million de personnes) qui ne perçoivent pas le revenu de solidarité active (RSA) au dernier trimestre de 2021, selon un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), soit un taux situé entre 33% et 37%. Par ailleurs, 22% à 25% de ces foyers ne le perçoivent pas depuis deux ou trois trimestres. À cette période, 1 510 000 foyers sociaux vivant en logement ordinaire en France métropolitaine sont estimés éligibles au RSA. Ce qui signifie qu’environ 940 000 foyers (définis comme recourants) touchent cette aide.
Mais alors, qui sont les profils n’ayant pas recours au RSA ? Selon la Drees, ces foyers ont un statut socio-économique «moins défavorisé que les recourants». Ils sont souvent propriétaires de leur logement (26% contre 9%), diplômés du supérieur (30% contre 18%) et en emploi salarié ou indépendant (53% contre 22%). Ils sont également un peu moins pauvres que les foyers recourants : 71% appartiennent à des ménages parmi les 20% les plus modestes, contre 91% pour les recourants, avant versement du RSA. Pour 42% de ces foyers non-recourants au RSA, le montant mensuel de cette aide non perçue est de 200 euros ou moins, et de 400 euros ou plus pour 41%.
Le RSA pour dépasser le seuil de pauvreté monétaire
La majorité des foyers éligibles à 400 euros ou plus sont des célibataires sans enfant (76%), âgés de 25 à 29 ans (22%) et plus souvent hébergés à titre gratuit, notamment chez leurs parents. Pour ceux pouvant toucher des montants de 200 euros ou moins, 21% sont des femmes seules avec enfant, 28% sont des couples avec enfant, avec un emploi salarié et une personne de référence âgée de 50 à 59 ans (30%).
En l’absence de non-recours au RSA, 345 000 ménages pauvres, dont 400 000 foyers sociaux, verraient leur niveau de vie progresser, avec un gain moyen de 280 euros par mois. Parmi eux, 58 000 ménages – représentant 71 000 foyers sociaux – franchiraient même le seuil de pauvreté monétaire. Plus de la moitié seraient des familles monoparentales, particulièrement exposées aux difficultés économiques.



















