
Lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2026, Sébastien Lecornu avait promis de préserver les budgets de nombreux secteurs, de la police à la justice, en passant par le la Défense et la recherche. Mais la guerre au Moyen-Orient a rebattu les cartes. Les finances publiques étant dans le rouge, six milliards d’économies sont nécessaires, avait annoncé mi-avril le gouvernement sous la forme de gels de crédits ou d'«annulations ciblées» même si un point d’étape sera réalisé fin juin.
C’est dans ce cadre que le ministre de l'Action et des Comptes publics a annoncé le gel de 3,2 milliards d'euros de crédits du budget de l'Etat et l’annulation de 847 millions d’euros, rapporte Sud Ouest. Alors, quels secteurs vont être les plus touchés ? Si de nombreux ministères devaient être protégés, les coupes budgétaires vont finalement les toucher durement. A commencer par le ministère de la Justice qui ne pourra pas bénéficier de 414 millions d’euros, dont 370 millions d’euros pour la seule administration pénitentiaire.
Le travail et le fonds vert particulièrement touchés
Si Gérald Darmanin échappe aux annulations immédiates de 847 millions d’euros prévues dans deux décrets, il est donc loin d’être épargné, car le gel des autorisations d’engagement atteint au total 2,9 milliards d’euros. Parmi les autres secteurs durement touchés, on peut citer la sécurité (257 millions d’euros d’autorisations gelés), la police (208 millions) ou encore le programme «immigration et asile» (83 millions). Mais ce n’est pas tout. Ces coupes vont également concerner le fonds vert, programme gouvernemental destiné à accélérer la transition écologique dans les collectivités locales : 163 millions d’euros gelés.
Parmi les autres secteurs, on peut citer le travail : 278 millions d’euros gelés, dont 151 millions d’euros d’autorisations d’engagement gelés pour le programme «accès et retour à l’emploi». Mais également la recherche et l’enseignement supérieur (241 millions d’euros). Enfin, les annulations immédiates prévues dans les décrets touchent essentiellement le travail et le plan d’investissements d’avenir France 2030 ou la recherche.
Ces 847 millions d'euros de crédits annulés «portent quasi exclusivement sur la réserve de précaution et n'avaient pas vocation à être dépensés automatiquement», avait souligné fin mai le ministère de l’Action et des Comptes publics. Les deux textes, comportant la ventilation précise des annulations, «mission par mission, programme par programme», avait ajouté David Amiel. Le président de la commission des Finances de l’Assemblée, Eric Coquerel, a notamment déploré «des conséquences très lourdes pour certains postes».




















