A quelques heures du vote de confiance au gouvernement Bayrou ce lundi 8 septembre, la proposition d’une taxe Zucman continue d’agiter le débat économique et politique. Interrogé sur ce sujet sensible, le ministre de l’Industrie et de l’Energie, Marc Ferracci, a reconnu que la question d’une contribution accrue des plus hauts revenus n’était «pas taboue». Mais il a également mis en garde contre les risques potentiels pour le tissu entrepreneurial français.

«La question de la contribution des hauts revenus. Une contribution supplémentaire, dans mon camp et dans mon esprit, n’est absolument pas taboue», a-t-il affirmé ce dimanche sur franceinfo. Une déclaration qui ouvre la porte à un débat au sein même de la majorité présidentielle, sans pour autant valider le principe de cette taxe dans sa forme actuelle. «Cette taxe de 2% sur le patrimoine a une caractéristique, c’est de toucher l’outil professionnel. Quelqu’un qui gère son entreprise serait amené à payer la taxe au titre de cette propriété, ça, ça pose un gros problème», a averti Marc Ferracci, en soulignant que «beaucoup d’entreprises, notamment celles qui démarrent, ne versent pas de dividendes à leurs actionnaires».

«Les entreprises partiront»

Dans ce contexte, le ministre redoute que les dirigeants se retrouvent dans l’obligation de vendre des parts de leur société pour s’acquitter de la taxe. «Pour payer cette taxe, les personnes qui gèrent devront vendre des parts de leur société, et ça pose un problème de souveraineté. Je suis confronté tous les jours à des entreprises chinoises, américaines, qui veulent racheter nos entreprises, et si les entrepreneurs sont obligés de vendre des parts de leur société pour payer la taxe, les entreprises partiront», a-t-il expliqué.

«Si on va au bout de la logique de cette taxe, on va nationaliser une partie des entreprises françaises», a alerté le ministre de l’Industrie et de l’Energie. La taxe Zucman est devenue un enjeu majeur pour une partie de la gauche, qui la considère comme un outil clé de justice fiscale.

Suivez en direct la déclaration de politique générale de François Bayrou avant un vote de confiance décisif pour le Premier ministre.