Le géant européen Airbus va se renforcer dans le domaine de la cybersécurité avec l'acquisition du français Quarkslab, la deuxième annonce dans ce secteur stratégique pour le groupe en un mois. «Cette acquisition contribuera à développer le bouclier numérique dont les pays d'origine du groupe et leurs alliés ont besoin pour conserver une longueur d'avance dans le domaine de la cybersécurité», a affirmé ce mardi 21 avril François Lombard, directeur de la division Connected Intelligence chez Airbus Defence and Space, cité dans un communiqué du groupe annonçant la nouvelle.

Cette annonce survient un mois après celle de l'acquisition du groupe britannique Ultra Cyber Ltd employant plus de 200 personnes, destinée déjà à renforcer la position en Europe d'Airbus en matière de cybersécurité, après avoir notamment racheté la société allemande Infodas en 2024. La cybersécurité est devenue un enjeu stratégique central pour Airbus, au même titre que ses activités historiques dans l'aéronautique et le spatial. L'essor des systèmes connectés — avions, satellites, drones, infrastructures militaires et réseaux de communication — a multiplié les points d'entrée potentiels pour des cyberattaques.

Un contexte de guerre hybride

Dans ce contexte, sécuriser ces systèmes est devenu indispensable pour éviter toute prise de contrôle ou fuite de données sensibles. Cette exigence s'inscrit aussi dans un contexte de guerre hybride, où les cyberattaques sont utilisées au même titre que les opérations militaires classiques. Outre ses solutions de cybersécurité, Quarkslab commercialise QShield, une solution destinée aux éditeurs de logiciels qui permet de protéger leurs logiciels contre les menaces liées à l'intelligence artificielle, de sécuriser les données, les secrets et le code, et de protéger les composants périphériques, notamment dans les secteurs de la défense et de l'aérospatiale, affirme Airbus dans son communiqué.

L'acquisition de Quarkslab, entreprise fondée en 2011, qui compte environ 100 employés basés principalement à Paris et à Rennes, est encore soumise à la consultation des partenaires sociaux et aux autorisations réglementaires, précise Airbus.