
Sommaire
- 1. Ne pas vendre dans la panique
- 2. Eviter les allers-retours intempestifs
- Les allers-retours sur les marchés pèsent sur la performance (exemple avec les actions internationales)
- 3. Privilégier les versements réguliers
- Des performances positives sur le long terme
- 4. Investir sans frontières
- 5. Diversifier sur tous les secteurs d’activité
Le locataire de la Maison-Blanche a déclaré une guerre commerciale sans merci, plongeant l'économie mondiale dans l'incertitude. Outre-Atlantique, le risque de récession n’est pas exclu et en Europe, le ralentissement économique pointe son nez. Les droits de douane exorbitants, annoncés lors du Liberation Day début avril, ont fait vaciller les places boursières dans le monde entier. Le rebond a été tout aussi spectaculaire quand, quelques jours plus tard, le président américain a mis en pause pour trois mois leur application effective (+ 9,52% pour les actions américaines et + 12,16% pour les valeurs de la tech le 9 avril).
Les Etats-Unis négocient actuellement leur montant avec l'ensemble des pays, après avoir imposé un droit de douane supplémentaire minimum de + 10% à tous, sauf à la Chine où ces tarifs peuvent atteindre + 245% ! Les marchés d’actions vont évoluer dans les semaines à venir, au gré des déclarations contradictoires et autres rumeurs. La volatilité, et donc la capacité des Bourses à faire du yo-yo, risque d'être forte. «Un rebond des actions est illusoire tant qu’il n’y aura pas de visibilité concernant la guerre commerciale américaine», affirme Christopher Dembik, conseil en stratégie d’investissement chez Pictet Asset Management. Jusqu’à l’été, il va falloir avoir le cœur bien accroché. Avant, peut-être, une autre lubie trumpienne ? Notre manuel pour naviguer sur les marchés boursiers par gros temps.
1. Ne pas vendre dans la panique
“Rester calme et boire frais !” C’est le meilleur conseil à donner en période de tempête boursière. Parce que tant que vous n’avez pas vendu, vous n’avez rien… perdu ! Votre moins-value est latente, mais pas réelle. «La récupération après une crise est de plus en plus rapide : après l’éclatement de la bulle Internet en 2000, il a fallu patienter sept ans avant de retrouver les niveaux d’avant krach, six ans après la crise financière de 2008 et deux ans après celle de la dette de 2011, six mois après le Brexit et trois mois après le Covid-19…», explique Gabriel Karaboulad, chief investment officer adjoint chez la banque privée Neuflize OBC. Autrement dit, si vous attendez patiemment que l’orage passe, la moins-value latente disparaît de sa belle mort !
Après les velléités douanières du président Trump, le CAC 40, l’indice qui représente les 40 plus grosses sociétés françaises en Bourse, a perdu près de 13% en quelques jours début avril. Juste avant le week-end pascal, la perte n’était déjà plus que de 7%. Et seulement de 5% une semaine plus tard, après que le locataire de la Maison-Blanche a fait amende honorable en précisant que les Etats-Unis allaient être «très gentils» avec Pékin… «Ces trente dernières années, de nombreux événements (crise financière de 2008, Covid-19, guerre en Ukraine, etc.) ont eu un impact négatif à court terme sur le cours des actions internationales (indice MSCI World, voir le graphique ci- dessous). Mais les marchés ont tendance à rebondir dans la foulée et à maintenir une trajectoire haussière à long terme», confirme Bertrand Puiffe, gérant et porte-parole de la gestion chez Fidelity International. En Bourse, la patience finit toujours par payer.

2. Eviter les allers-retours intempestifs
S’il faut rester investi et s'abstenir de réaliser des allers-retours, c’est aussi pour ne pas rater les meilleures journées de Bourse, qui surviennent souvent après un épisode de forte baisse. Même les gérants les plus expérimentés ne réussissent pas à acheter au point le plus bas, alors comment pourriez-vous y parvenir ? «Un investisseur qui tente d’anticiper le meilleur moment pour investir court le risque de manquer les meilleures hausses de marché. Cela peut avoir un impact important sur la performance à long terme de ses investissements», note Bertrand Puiffe. Sur les actions internationales (indice MSCI World) par exemple, si vous êtes resté investi en permanence au cours des dix dernières années, votre performance ressort à plus de 12% par an. En revanche, elle est divisée par trois, à + 4% par an, si vous avez manqué les 20 meilleurs jours de Bourse et passe même dans le rouge, à - 0,50% par an, si vous avez raté les 40 meilleurs… Un argument sérieux pour faire le dos rond en cas de tempête !
Les allers-retours sur les marchés pèsent sur la performance (exemple avec les actions internationales)
Le danger quand vous faites des allers-retours en Bourse ? Ne pas réinvestir au bon moment et rater les belles journées de hausse qui suivent. Cela impacte généralement votre performance finale. Un exemple ici, avec les actions internationales (Indice MSCI World) sur 10 ans.
3. Privilégier les versements réguliers
Il est recommandé d’investir régulièrement en Bourse, même en période de crise. Si vous avez l’habitude d'acheter des actions chaque mois, ne vous laissez pas déboussoler par les montagnes russes des marchés financiers actuels et continuez sur votre lancée ! Cela vous permettra d’acquérir des actions à plus faible prix (si les marchés ont baissé), et donc d’enregistrer potentiellement une plus forte performance. “Si vous avez investi 24 000 euros en une seule fois début 2005 dans les actions internationales (indice MSCI World), vous avez accumulé 146 006 euros au bout de vingt ans, fin 2024. Mais en plaçant 100 euros tous les mois sur la période, vous récupérez tout de même 82 914 euros au terme”, selon les simulations de Fidelity International. Conclusion : sans forcément investir une grosse somme au départ et en plaçant un montant raisonnable tous les mois en actions, vous pouvez vous constituer une épargne conséquente, traverser les crises et créer de la valeur.
Des performances positives sur le long terme
Si vous avez investi sur les actions internationales pendant un an seulement, la meilleure performance sur les 30 dernières années était de + 63,49% (de juillet 1996 à juillet 1997) et la pire de – 39,11% (de mars 2002 à mars 2003). A partir de 14 ans de durée d’investissement, la performance est positive quelle que soit la période. En Bourse, mieux vaut donc toujours investir sur le long terme.

4. Investir sans frontières
«Quand tout le monde pronostique la même chose, c’est le moment de faire l’inverse. En décembre, beaucoup de nos clients souhaitaient investir toutes leurs actions aux Etats-Unis. Une mauvaise idée à nos yeux, nous défendions plutôt la poche européenne», se souvient Gabriel Karaboulad, de la banque privée Neuflize OBC. Il est vrai que les actions américaines étaient en tête de tous les classements de performances en 2023 et 2024, respectivement à + 22 et + 33% ! Mais la guerre commerciale menée par Donald Trump a balayé tout cela. Depuis le 1er janvier, elles sont en recul de 10% (mi-avril), quand les actions européennes «caracolent» à + 0,80%. Qui pouvait imaginer qu’avec une économie si florissante, les Etats-Unis mettraient si rapidement un genou à terre ?
La diversification vous protège contre ce risque ; elle doit être géographique et sectorielle (sur tous les secteurs d’activité). Par humilité. En étudiant scrupuleusement une entreprise, il est possible de se faire une bonne idée de sa capacité à dégager des profits. Mais pour LVMH par exemple, qui aurait pu prévoir un tel bras de fer entre les Etats-Unis et la Chine, ses principaux marchés ? «Beaucoup de paramètres entrent en ligne de compte, on ne peut pas tous les anticiper. Ils sont politiques, économiques, réglementaires, diplomatiques…», souligne Bertrand Puiffe, de Fidelity International.
Sans oublier le risque de change. «Le dollar a déjà bien baissé, mais son cours peut encore descendre. Quand c’est le cas, les actions américaines baissent dans un portefeuille libellé en euros et risquent d’annuler la hausse du cours. Il faut intégrer ces deux risques : celui sur la valeur et celui sur la monnaie. Or, personne ne sait donner une tendance sur une devise, d’où l’importance de diversifier», poursuit-il.
Pour vos prochains versements, si vous avez surpondéré les Etats-Unis, revenez donc davantage sur l’Europe. «Le plan d’investissement dans les infrastructures et la défense de l’Allemagne, ainsi que la hausse des budgets de défense de l’ensemble des pays de l’Union européenne sont des atouts susceptibles d’aider la région à encaisser le choc des droits de douane du président Trump», indique Nadège Dufossé, global head of asset allocation chez Candriam.
5. Diversifier sur tous les secteurs d’activité
Les secteurs frappés de plein fouet par les nouveaux tarifs douaniers, tels que l’automobile, l’acier ou l’aluminium, sont évidemment à la peine. D’autres, plutôt résilients en cas de ralentissement économique - la guerre commerciale nous y entraîne tout droit -, à l'instar de la santé ou de la pharmacie, retiennent leur souffle, le président américain envisageant peut-être de les punir à leur tour. Dans quels secteurs faut-il donc investir ? Tous, bien sûr ! Mais les valeurs défensives comme la consommation de base (Nestlé…) ou les services aux collectivités (Veolia…) résistent mieux lorsque la croissance est en berne.
Et pourquoi ne pas embrasser certaines tendances de long terme comme tout ce qui a trait à la souveraineté européenne ? «De belles valeurs vont tirer parti du déploiement des plans européens et allemand pour la défense. Vous pouvez aussi explorer d’autres domaines de la souveraineté européenne, comme celui de la compétitivité numérique, de l’autonomie industrielle ou de la santé », conclut Raphaël Thuin, directeur des stratégies sur les marchés de capitaux chez Tikehau Capital. Pêle-mêle : Thales, Safran, Dassault Aviation ou Dassault Systèmes, Airbus, ASML, bioMérieux, Novo Nordisk… A vous de jouer !
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