
Délocalisations, droits de douane, Donald Trump… ces dernières semaines, Michel-Edouard Leclerc n’a pas raté une occasion pour évoquer les sujets d’actualité. A tel point que certains lui prêtent des velléités politiques. Interrogé sur ce point sur RMC et BFMTV mardi 20 mai, le patron du groupement Leclerc a une nouvelle fois botté en touche : «Si un jour je vais en politique, ce n'est pas pour jouer les seconds rôles, c'est pour faire avancer les choses.» Il avait précédemment déclaré sur BFMTV ne pas avoir «de rêve présidentiel».
Mais Michel-Edouard Leclerc a surtout évoqué le coût du travail en France, un sujet revenu dans les débats depuis le grand oral d’Emmanuel Macron il y a deux semaines. Le président français avait évoqué le possible retour de la TVA sociale, une mesure jugée intéressante par le Medef notamment, parce que l’écart entre le salaire brut et le net est trop important. Surtout, lors d’un déplacement dans la Meuse, le président français est revenu sur ses propos de 2018 où il avait conseillé à un jeune homme en recherche d’emploi de traverser la rue pour trouver du travail.
Le travail est-il «concurrencé de manière discriminatoire» ?
Néanmoins, il a rappelé que certains «profitent du système». De quoi faire réagir Michel-Edouard Leclerc : «On dénonce le peu d'envie de travailler des Français, mais la politique aujourd'hui c'est 'qu'est-ce qu'il faut faire pour redonner envie aux Français d'aller travailler», estime-t-il, concédant qu’il y avait bien des «abus», mais que ce «n’était pas le sujet central». Surtout, pour le patron de grande distribution, «le travail ne paie pas».
Dans son viseur, l’intelligence artificielle ou les robots, qui pourraient en réalité participer à l’effort global. Sur RMC et BFMTV, Michel-Edouard Leclerc s’est déclaré en faveur d’un «transfert» des charges sociales des entreprises vers «la robotique» ou «le digital» afin de financer le modèle social. Une telle mesure permettrait de réduire l’écart entre le brut et le net et récompenser les travailleurs.
Pour le patron, le travail est «concurrencé de manière discriminatoire par des substituts au travail, qui ne paient pas de charges sociales». Et d’ajouter : «Quand on fait venir l'IA, 100 milliards, quand on fait venir des robots, quand on développe le digital, ça ne cotise pas.» Il a ainsi pris des exemples comme ChatGPT ou MistralAI, qui peuvent remplacer des «avocats, des journalistes ou des professions libérales» et qui pourraient payer «une part des charges sociales». Un nouvel appel au gouvernement en plein débat sur la TVA sociale.




















