Les livres d’occasion vont-ils coûter un peu plus cher à cause d’une taxe que souhaite instaurer le gouvernement ? Comme le rappelle RMC, cette idée, émise dans un premier temps par Emmanuel Macron, puis reprise par sa ministre de la Culture, pourrait voir le jour. Rachida Dati compte en effet saisir le Conseil d’Etat sur le sujet et mettre en place «un droit de suite aux droits d’auteurs». Une taxe d’environ trente centimes qui pourrait être reversée à un organisme de gestion afin de favoriser la création.

Cette taxe concernerait les plateformes de revente en ligne ou encore la Bourse aux livres. Une idée qui a provoqué l’ire de Michel-Edouard Leclerc, qui, le rappelle, est le troisième libraire de France. Sur son blog, le patron du groupement Leclerc n’y va pas de main morte : «Au pays des Lumières, on n’a pas que des idées brillantes.» Il demande si c’est «bien sérieux» de vouloir taxer le livre d’occasion à 3%, car une telle mesure «limiterait l’accès à la lecture et pénaliserait les libraires».

Des livres d’occasion en vente de plus en plus rapidement

Un frein pour les plus démunis, mais également pour les plus jeunes, estime Michel-Edouard Leclerc qui rappelle que les Espaces Culturels E.Leclerc «sont des acteurs engagés au quotidien». Le grand patron a également rappelé que le marché du livre d’occasion représente 10% du chiffre d’affaires du secteur du livre et même 20% du volume. Mais surtout que le livre d’occasion est «un moyen de contourner le prix des livres neufs de plus en plus élevé».

Les auteurs, les écrivains ont-ils intérêt à une telle taxe ? Là encore, Michel-Edouard Leclerc se pose la question puisque selon lui, leur rémunération est «variable donc aléatoire». Pour autant, ce n’est pas de la faute du livre d’occasion, ajoute-t-il. Quant aux éditeurs, «la question est taboue». Selon RMC, le Syndicat national des Éditeurs s’est dit «satisfait» par une telle taxe et veut lutter contre les plateformes qui proposent des livres d’occasion de plus en plus vite, parfois tout juste après la publication.

De nombreux emplois en péril

Toutefois, le cofondateur de la Bourse aux livres n’est pas de cet avis et rappelle le non-sens écologique d’une telle mesure. Une taxe sur les livres d’occasion donnerait-elle des idées à d’autres secteurs ? Enfin, cela mettrait en péril de nombreux emplois, estime-t-il. Michel-Edouard Leclerc le martèle : «Qu'on se préoccupe d'abord du lecteur !» et surtout, il met en garde : «Croire qu'en augmentant les prix, auteurs et éditeurs vont gagner plus, c'est un contresens. Pour gagner, il faut vendre, il faut des acheteurs. Et surtout des acheteurs lecteurs.»