Le sort du détroit d’Ormuz inquiète la communauté internationale. Cette bande de mer située entre l’Iran, Oman et les Émirats arabes unis est redevenue un enjeu central en plein conflit entre l’Iran et les États-Unis et l’Iran. Chaque jour, ce passage stratégique voit défiler entre 16,5 et 20 millions de barils de pétrole, environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, mais aussi 18 % des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié, selon La Dépêche. Et chaque mois, ce sont environ 3 000 navires qui y transitent.

Le risque d’un éventuel blocage du détroit par l'Iran a donc suffi à rajouter une prime de risque estimée entre 10 et 20 dollars par baril. Si la circulation dans ce détroit venait à s’arrêter complètement, même brièvement, cela pourrait faire grimper les cours du pétrole de 120 à 150 dollars, voire 200 dollars selon certains responsables iraniens.

Mines navales, missiles et drones

Sur le plan militaire, l’Iran a développé une stratégie de «déni d’accès» afin de perturber le trafic maritime dans la zone du détroit. Pour cela, Téhéran se sert de son atout principal : le pays disposerait d’environ 5 000 mines navales. S’il venait à les déployer dans les chenaux du détroit, la navigation commerciale s’en trouverait alors complètement immobilisée.

Par ailleurs, l’Iran possède également des missiles antinavires et des missiles balistiques pouvant frapper des cibles à une distance allant jusqu’à 300 kilomètres, et des drones armés utilisés pour la reconnaissance et l’attaque. Les Gardiens de la révolution s’appuient également sur des tactiques d’essaim, des vedettes rapides armées de missiles et de roquettes, qui pourraient rapidement saturer les défenses adverses. Les sous-marins proches dans les eaux peu profondes du Golfe rendent aussi plus difficile la détection. Après le signalement de plusieurs attaques de navires dans cette zone, certains grands armateurs comme CMA CGM, ou encore MSC ont décidé d’interrompre leurs passages. Une déclaration officielle de blocus laisserait place à un tout autre scénario. Mais pour l’heure, la réouverture d’un détroit miné serait surtout longue et risquée et mettrait en péril les navires.