Le géant agroalimentaire français Danone s'est réjoui ce vendredi 20 février de ses volumes de ventes en 2025, notamment sur les produits «axés santé», et affirme que l'impact financier des rappels de lait infantile - qui ne sera mesurable que sur 2026 - n'est «pas significatif» à ce stade. Plusieurs industriels ont procédé à des rappels après que Nestlé a découvert en décembre la présence de toxine céréulide dans certaines de ses poudres de lait infantile, en raison d'un ingrédient chinois contaminé largement utilisé par le groupe suisse mais aussi par nombre de ses concurrents, dont Danone.

Les rappels de Danone ayant été effectués en janvier 2026, les effets ne peuvent se mesurer sur les résultats 2025, mais après plusieurs vagues de produits rappelés suivant les évolutions des recommandations des autorités, le groupe avait été sanctionné en Bourse, subissant en janvier la pire chute depuis sa cotation à Paris. «Une crise, quelle crise ?», s'interrogent les analystes de RBC Capital Markets qui évoquent des résultats «exemplaires» de Danone en 2025 mais attendent plus de détails pour évaluer l'impact des rappels, «rapidement évacué» par le groupe dans son communiqué, selon eux.

Un premier impact estimé à 219 millions d'euros

Nestlé a évalué jeudi l'impact de ses rappels dans une soixantaine de pays à 219 millions d'euros mais c'est l'impact à long terme sur la réputation des marques qui préoccupe les analystes. Dans un communiqué publié ce vendredi, Danone assure que la «sécurité alimentaire» est sa priorité et que les impacts financiers de ses rappels ne sont, «à ce stade, pas significatifs». «Les rappels par plusieurs industriels au même moment ont créé, surtout en Europe, des perturbations d'approvisionnement (…) nous nous attendons à ce que ces perturbations aient un impact ponctuel sur les ventes du premier trimestre entre 0,5 et 1% des ventes nettes», a déclaré le directeur financier Juergen Esser lors d'une conférence destinée aux investisseurs ce vendredi.

Le groupe n'a pas effectué de rappels en Chine, l'un de ses marchés clés pour les laits infantiles, mais la liste complète des pays concernés par des rappels n'a pas été publiée par Danone, qui communique auprès des consommateurs pays par pays. M. Esser a ajouté que les premiers retours sur les parts de marché étaient «rassurants», un concurrent non concerné pouvant vite s'imposer dans des situations de crises sanitaires.

Impact «négatif» de l'appréciation de l'euro

«Nous sommes entièrement mobilisés pour faire en sorte que les produits soient de retour dans les rayons et de rassurer les consommateurs et les professionnels de santé», a ajouté le directeur général Antoine de Saint-Affrique. Vers 9h20, le cours de Danone perdait 1,53% à 73,18 euros à la Bourse de Paris, dans un marché en hausse de 0,31%. Les ventes de Danone ont atteint 27,28 milliards d'euros en 2025, relativement stables (-0,3% par rapport à 2024), en raison de l'impact «négatif» de l'appréciation de l'euro par rapport à plusieurs devises de pays dans lesquels Danone est concerné.

Mais le groupe met en avant les données comparables qui n'incluent pas ces effets et montrent une croissance organique des ventes de 4,5%, tirées par les volumes (+2,7%) plus que par les prix (+1,8%). Pour 2026, il vise une croissance organique de 3 à 5% des ventes. Les performances sont particulièrement élevées dans la région Chine, Asie du Nord et Océanie (+7% en données publiées) grâce aux laits infantiles et à la nutrition médicale, mais aussi par les yaourts au Japon.

Sur les différentes activités du groupe, la nutrition spécialisée est le secteur le plus dynamique (+3,8%), quand les yaourts/produits laitiers ou végétaux (-2,3%) et les eaux (-2,6%) sont plus à la traîne. Ces résultats «confirment la solidité et la résilience de notre portefeuille axé sur la santé», a déclaré le directeur général Antoine de Saint-Affrique, cité dans le communiqué.

Sous sa houlette, le groupe s'est délesté des activités les moins rentables pour se concentrer sur les produits mettant la santé en avant (produits protéinés, laits fermentés, nutrition médicale). Il a également lancé un plan de transformation du groupe, dont les coûts en Europe et en Indonésie ont pesé sur le bénéfice net 2025 qui a chuté de près de 10% à 1,82 milliard d'euros, également en raison de «dépréciations d'actifs incorporels».