
Nommé en 2021, en remplacement du décrié Emmanuel Faber, Antoine de Saint-Affrique récolte les premiers fruits de sa stratégie. S'il a cédé des activités au Maroc et en Russie notamment, il mise gros sur ses gammes de produits végétaux et hyperprotéinés qui séduisent les consommateurs, notamment aux États-Unis, le premier marché mondial de Danone. Entre deux avions, le directeur général répond aux questions de Capital qui consacre ce mois-ci une grande enquête aux paris du groupe agroalimentaire tricolore aux 23 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel. Entretien.
Capital : Dans le cadre de votre stratégie RENEW, vous avez remis Danone sur le chemin de la croissance, notamment grâce à une hausse des volumes. Quels ont été les leviers pour y parvenir ?
Antoine de Saint-Affrique : Notre stratégie repose sur une conviction : revenir à ce qui fait notre ADN pour retrouver la croissance. Nous avons renforcé la qualité de notre exécution, réinvesti dans nos marques et nos savoir-faire. Nous avons remis la recherche et l’innovation au cœur de notre modèle pour préparer l’avenir. Et nous avons pris des décisions claires sur notre portefeuille, en nous concentrant sur les marchés et catégories qui comptent vraiment. La transformation est lancée.
Que pèsent aujourd'hui les nouveaux produits protéinés dans la croissance et le chiffre d'affaires de Danone ? Cette tendance sera-t-elle durable ?
Danone est aujourd’hui n° 1 du segment protéiné en France et leader mondial des produits laitiers riches en protéines depuis 2019. Cette position, nous l’avons construite avec des marques devenues incontournables – Oikos aux États-Unis, HiPro en France – et une croissance à deux chiffres portée par plus d’un siècle d’avancées scientifiques. Les protéines ne sont pas une mode : elles répondent à des attentes fortes en matière de nutrition positive, de soutien musculaire et de naturalité. Ces tendances sont là pour durer. Nos derniers lancements – Skyr Onctueux, Skyr à boire, ou encore Alpro façon Skyr – montrent notre capacité à réinventer la catégorie. Nos marques suivent cette tendance en mettant en avant les ingrédients ajoutés («plus») plutôt que les éléments supprimés («moins»).
Vous avez inauguré un nouveau laboratoire à Saclay à la rentrée 2025 et vous prévoyez de nouveaux recrutements industriels pour les prochaines années. Quelles sont vos priorités en matière d'investissement et quelle place occupe la France dans ces projets ?
Ces dernières années, nous avons investi pour continuer de capter le potentiel de la catégorie de nutrition médicale et de renforcer notre présence dans le segment des produits hyperprotéinés. Et la France est au cœur de nos ambitions. Nous sommes fiers de produire localement et nous renforçons notre empreinte industrielle : nous allons relocaliser plus de 45 000 tonnes de produits dans nos sites, à Bailleul où nous augmentons notre production de yaourts, ou à Saint-Just pour les desserts comme les Danette et les brassés. Nous investissons aussi dans la nutrition médicale, par exemple dans notre usine Blédina de Brive qui va désormais produire, en plus des petits pots pour bébés, des compléments alimentaires pour adultes. La France occupe également une place centrale dans notre accélération dans la recherche et l’innovation : nous avons inauguré en septembre dernier un laboratoire unique en Europe consacré au microbiote et son impact sur la santé.
Les négociations commerciales sont ouvertes depuis quelques semaines, comment Danone les aborde-t-elle ?
Pour assurer la pérennité de notre industrie, de nos filières agricoles, et garantir notre souveraineté alimentaire, il faut une valorisation juste des produits. Nous avons tous un rôle à jouer : agriculteurs, industriels, distributeurs et consommateurs. Chez Danone, nous sommes attachés à garantir un modèle qui nous permette de soutenir nos partenaires et notamment nos agriculteurs, de proposer aux consommateurs une alimentation saine, durable et de qualité au meilleur prix et de continuer à investir dans l’avenir, à travers l’innovation, l’économie circulaire ou la durabilité de nos produits et modes de production.
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