
Deux annonces chocs en 48 heures. Deux cibles avalées cul sec. Le groupe italien Ferrero a faim, très faim. Le roi du Nutella, des Kinder et des Ferrero Rocher sort l’artillerie lourde et s’offre en une bouchée deux mastodontes : le groupe américain WK Kellogg’s, le spécialiste des céréales pour le petit-déjeuner (Corn Flakes, Froot Loops, Rice Krispies, All-Bran) et Carambar & Co (Krema, Lutti, Carambar...), au fonds d’investissement français Eurazéo.
Le prix du festin ? Près de 3 milliards d’euros ! 2,7 milliards d’euros pour Kellogg’s (avec une ardoise de 480 millions de dettes au passage), et 240 millions d’euros pour Carambar. Une addition XXL, mais qui ne semble pas effrayer le géant italien. «Ferrero a un niveau de trésorerie élevé et il a su saisir les opportunités, qui lui permettent de faire un pas de géant. C’est deux beaux deals», confie à Capital, Étienne Sebaux, associé et directeur général chez AlixPartners.
Jackpot logistique et douanier
En s’emparant de WK Kellogg’s, Ferrero sort de son terrain de jeu habituel (le goûter) pour s’inviter à la table du petit-déjeuner. Il renforce ainsi ses positions aux États-Unis et acquiert des sites de production sur le territoire. Un jackpot logistique et douanier, à l’heure où les menaces de taxes douanières sur les produits européens planent sérieusement…
Pour Carambar & Co, la stratégie est tout autre. «C’est de l’opportunisme. Ferrero voit ainsi une bonne manière de se diversifier sur le segment de la confiserie avec des marques fortes comme Carambar, Lutti ou encore Krema. Il envisage également des synergies, notamment aux achats sur le chocolat», assure Étienne Sebaux. Preuve du potentiel de l’actif ? Ferrero n’était pas le seul à lorgner dessus. Le fonds d’investissement PAI Partners, le groupe de confiserie américain Bazooka (Push Pop, Juicy Drop, Mega Mouth…) ou encore l’industriel irlandais Valeo Foods étaient aussi sur les rangs…
18e place des entreprises agroalimentaires mondiales
Si les produits de confiserie sont de plus en plus dans le viseur des autorités - une taxe sucre, comme c'est déjà le cas sur les sodas, est envisagée -, Ferrero fait le choix de continuer à investir dans le domaine. «Ce sont des produits résilients, des petits plaisirs pas chers qui tiennent bon, même en temps de crise», ajoute le consultant.
Avec ces deux rachats, qui devraient être finalisés d’ici à la fin de l’année 2025, Ferrero booste son chiffre d’affaires de 18,4 à 20,6 milliards d’euros. Et se hisse à la 18e place du classement mondial de l’agroalimentaire.



















