
C’est une hécatombe depuis plus de quatre mois. A la suite de l’annonce de l’arrivée du géant de la fast-fashion Shein au sein du BHV Marais, assumée par son propriétaire la Société des Grands Magasins (SGM), de nombreuses marques (et non des moindres) ont quitté l’emblématique magasin parisien. Au total, plus d’une trentaine à ce jour, dont Dior, Guerlain, Sandro, Maje, Claudie Pierlot ou encore Eden Park, Maison Lejaby et Armor Lux. Cette vague de départ est complétée par Flowrette. Si la PME française est loin d’être la plus connue, elle s’ajoute à ce mouvement d’ampleur.
Comme toutes ces autres marques, la société spécialisée dans les fleurs durables explique pourquoi elle a quitté le navire du Marais en août dernier. Une décision prise avant l’arrivée de Shein, principalement à cause d’impayés trop importants. Dans un communiqué publié sur son site, Flowrette tire la sonnette d’alarme en annonçant «une situation de crise majeure». Depuis plus d’un an, l’entreprise française fait face à «plusieurs dizaines de milliers d’euros de la part de l'enseigne». Cela «met en péril (son) avenir et (ses) projets de relocalisation».
Une «nécessité de survie» face à un «mépris des PME»
D’ailleurs, la PME fait état d’une transparence rare : «Le départ n'est pas une stratégie de positionnement, mais une conséquence directe de factures impayées massives qui ont asséché sa trésorerie.» Les deux gérants de Flowrette ajoutent être partis «par nécessité de survie». Margot et Vincent Morio poursuivent : «On ne peut pas, d'un côté, déplorer que la production parte en Chine et que le commerce français s'effondre, et de l'autre, traiter les PME locales avec un tel mépris.»
Un «étranglement de l’artisanat français» dénoncé par la PME qui lance une procédure à ce jour inédite parmi les acteurs concernés : une action en justice. Cette dernière vise distinctement le BHV Marais, mais également son dirigeant, Frédéric Merlin, car la marque ne veut pas devenir une «victime collatérale» silencieuse. Dans son communiqué, l’entreprise explique avoir tenté une conciliation «sous la promesse d’un règlement rapide des dettes». Elle a même réapprovisionné ses stocks dans un premier temps.
Un nouveau bouquet bleu-blanc-rouge pour la soutenir
Mais alors que ses engagements avaient été tenus, «les paiements ne sont jamais arrivés», déplorent les deux patrons qui ont perdu une «marchandise colossale». Pas abattue, Flowrette va ouvrir un nouvel atelier près de Nantes et vient de lancer son bouquet tricolore bleu-blanc-rouge «Le Franc-Parler». Vendu à un prix de soutien, il se veut être un bouquet «manifeste» pour soutenir la marque et le made in France.




















