Dans ce quartier délicieusement décalé du XVIIIe arrondissement parisien, où flottent encore les esprits du poète Tristan Tzara et de Dalida, les belles demeures sont nombreuses et les ventes discrètes. C'est là que les Kuperfis préservent jalousement les secrets de leur réussite entrepreneuriale qui ont conduit Junot à devenir l’un des leaders du résidentiel haut de gamme à Paris. Leur reconversion se fait un peu par hasard, en 1984, lorsque Martine Kuperfis et son père cèdent la papeterie familiale pour se lancer dans la rénovation et la promotion de biens immobiliers dans la capitale et sur la Côte d’Azur.

Cette activité, qui débute de manière artisanale, en rendant service à leur entourage, prend rapidement de l’ampleur au sein du milieu artistique parisien des années 1980. Domiciliée avenue Junot, la famille fréquente alors les personnalités du spectacle de Montmartre : Richard Berry, Fabrice Luchini, Didier Bourdon, Alain Chabat… Préservée du tourisme de masse, bourgeoise et arborée, cette artère offre un cadre idéal pour installer une agence immobilière pas comme les autres.

Mais c’est surtout grâce à la rigueur et à la qualité de service héritées de sa première carrière dans l’industrie, que Martine Kuperfis se distingue rapidement dans l’univers encore peu professionnalisé de l’immobilier parisien. Exigeante, mais non conventionnelle, elle réalise pour sa première vente des petits livrets de présentation qu’elle distribue aux imprésarios du quartier, afin de trouver un acquéreur pour la maison sur le toit, entourée de 1 000 mètres carrés de terrasse, de l’entrepreneur Georges-Eric Tischker, le fondateur de Taxi bleu et ami de la famille. C’est finalement l’autrice de bande dessinée Claire Bretécher, mère d’«Agrippine», qui décroche le bien.

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