76 centimes. C’est le prix d’une boîte de paracétamol vendue en France. En ce sens, la patronne de l’Union de pharmacologie scientifique appliquée (Upsa), Isabelle Van Rycke, demande à l'État de «prendre ses responsabilités» en augmentant le tarif du médicament le plus populaire de France. «Il faut savoir qu’une boîte de paracétamol aujourd’hui en France, c’est 76 centimes, moins qu’une baguette de pain, on demande 10 centimes d’augmentation, de revalorisation», a-t-elle déclaré, ce lundi 1er juin au micro de BFM Business.

Cette requête s’explique notamment par le fait que le laboratoire scientifique débutera, dès le 1er janvier 2027, la production du paracétamol à 100% en France. Pour rappel, plus de 430 millions de boîtes ont été remboursées en 2024 selon l'Assurance maladie. Si le principe actif du paracétamol commercialisé par Upsa provient de la Chine, des États-Unis et de l'Inde, «l'ensemble du processus de fabrication se fait dans les usines à Agen, dans le Lot-et-Garonne», a-t-elle rappelé. L'État doit «reconnaître que produire en France, ce n'est pas le même prix que de produire en Asie», a-t-elle poursuivi.

Plusieurs baisses de prix des médicaments par le passé

S’ajoute à cela le fort ancrage sur le territoire de l’Upsa, et particulièrement dans le Lot-et-Garonne où il est le premier employeur du département : 1 900 des 2 000 salariés de l’entreprise travaillent en France. «On produit en France 100% de nos médicaments, 98% de nos salariés sont en France, et on paie également nos impôts en France (...) On a fait véritablement le choix de l’ancrage dans le Lot-et-Garonne depuis 90 ans», a souligné Isabelle Van Rycke. Ce n’est pas la première fois que l'industrie pharmaceutique alerte le gouvernement sur le prix des médicaments, jugé plus bas qu'ailleurs.

Pour lutter contre le déficit de la Sécurité sociale - qui a doublé en deux ans - les parlementaires ont déjà voté plusieurs baisses successives des prix des médicaments. Et cela pourrait encore s’accentuer puisque le déficit de la Sécu pourrait s'élever à 23,2 milliards d'euros en 2026, au lieu des 19,4 milliards prévus. Conséquence : l’État prévoit un effort à hauteur de 1,4 milliard d'euros, dont 200 millions d'euros sur les génériques et 200 millions sur les dispositifs médicaux. Le Leem, l’organisation professionnelle représentant les entreprises du médicament, craint qu’une «forme de pénurie silencieuse» se développe concernant l’accès aux médicaments innovants avec des prix trop bas sur d’autres.