
Des anciens salariés sans solution. Après un premier renvoi, l'audience d’Ÿnsect, entreprise qui produisait des protéines et engrais naturels d’insectes, aux prud'hommes d'Amiens s'est tenue ce 19 février. Mais ce fut très rapide puisque l'administrateur judiciaire de l'entreprise, placée en liquidation judiciaire, refuse toujours de communiquer les documents comptables et l'organigramme de l’entreprise. «Il répond qu'il ne veut pas les donner et qu'il n'a pas à le faire», explique Fiodor Rilov, l'avocat des anciens salariés d’Ÿnsect, auprès de France 3 Hauts-de-France.
«Dans beaucoup d'autres affaires, les liquidateurs - alors parfois il a fallu les assigner, leur demander les documents devant le juge - communiquent un certain nombre de pièces, avant même que le juge ne statue», précise-t-il à l'issue d'une brève audience aux prud'hommes à Amiens ce 19 février. Ces derniers sont indispensables pour que les anciens salariés puissent contester la légalité de leur licenciement économique, notamment l’étude de chiffres et plus particulièrement le montant exact d'argent public investi.
Les salariés suspectent des détournements de fonds
«On veut savoir quelles sont les transactions d'argent entre les filières étrangères d'Ÿnsect et la filière française. Savoir si l'argent public français qui a circulé aux États-Unis et aux Pays-Bas», confie Hadrien Godard, conducteur de ligne, licencié le 1er octobre 2025 dans le cadre du redressement judiciaire. «Ça, ce sont des questions auxquelles les employés d'Ÿnsect veulent des réponses, mais je pense que ça intéresse aussi chaque citoyen français», ajoute l’ancien salarié qui suspecte, au même titre que ses collègues, des détournements de fonds.
Contactée par France 3 Hauts-de-France, l’avocate du liquidateur n’a pas souhaité répondre. Face aux juges, elle estime que les prud'hommes ne sont pas compétents et doivent débouter les plaignants. La décision du tribunal sera connue le 12 mars prochain.



















