Le gouvernement entend lutter contre les arrêts de travail abusifs, et les employeurs comptent bien s’y mettre aussi. Mercredi 1er avril, l’Assemblée nationale va statuer sur le projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, espérant récupérer 2 milliards d’Euros. Les arrêts de travail abusifs auraient coûté 30 millions d’Euros à l’Assurance maladie en 2024. Le nombre d’arrêts maladie serait d’ailleurs en hausse, avec un taux d’absentéisme de 4,8% l’année dernière, selon l’assureur Axa, comme le rapporte RTL.

Alors la crainte du gouvernement, associée à la hausse du taux d’absentéisme, inquiète les employeurs. Ceux-ci sont nombreux à faire appel à des détectives privés, afin de surveiller de près leurs salariés en arrêt de travail. Nos confrères ont suivi Charles-François Chazit, détective à Lyon. En planque devant le domicile d’un salarié, il a été missionné par son patron pour de la surveillance. Le but est de «suivre la personne et d’essayer de déterminer son activité, les lieux où il se rend».

Des craintes de concurrence ou d’abus pour percevoir plus d’indemnités

Dans ce cas, l’employeur craint que son salarié ne se soit fait porter pâle pour avoir le temps de créer son entreprise et devenir un concurrent. Mais il n’y a pas que cette peur qui pousse les employeurs à sauter le pas. Certains font appel à des détectives privés pour des arrêts liés à des accidents du travail ou à l’inaptitude professionnelle. Celles-ci peuvent permettre aux salariés d’avoir des indemnités plus élevées. Mieux vaut pour les employeurs avoir de sérieux doutes. En effet, la journée d’observation est facturée plus de 2 000 Euros.