C'est fini pour l'emblématique Fonderie atlantique industrie (FAI) à Nantes. Selon les informations de Ouest-France, l'usine, qui approvisionnait en pales et en hélices XXL de nombreux pays, arrête ses activités après un siècle d'existence. Navires, sous-marins, porte-avions : elle en aura équipé, des titans, à l'instar du porte-avions Charles-de-Gaulle ou encore le paquebot France. Seulement voilà : le carnet de commandes de la fonderie... a fondu. Les premiers signaux d'alarme ont été envoyés en début d'année aux salariés – une petite dizaine au total, loin des centaines d'ouvriers qui faisaient tourner FAI du temps de sa gloire industrielle.

Après des années de cessations d'activités, en 2000, c'est le groupe mosellan Les Bronzes d'industrie qui a pris la main sur FAI – une embellie pour l'entreprise, qui pouvait donc compter sur la force de frappe d'une structure forte de 50 millions de chiffre d'affaires et quelque 350 salariés. Mais malgré son excellence notoire dans le domaine des pièces de propulsion de haute technicité pour les navires militaires, FAI est à bout de souffle. De 2023 à 2024, précise Ouest-France, le chiffre d'affaires passe de plus de 3 millions à 2,5 millions d'euros. Le responsable du site reconnaît «une activité en dents de scie et pas de visibilité à court terme». FAI est KO. Et ses salariés avec, qui ne savent pas encore, pour l'heure, s'ils seront licenciés.

Un casse-tête annoncé pour Naval Group

Se pose maintenant une question cruciale pour... Naval Group. Car cet acteur majeur de la construction navale de défense va désormais devoir se passer des méga hélices que lui fournissait FAI. La Fonderie fait partie de la Base industrielle et technique regroupant les entreprises nationales qui travaillent pour la Défense. Sans ces hélices XXL, Naval Group pourrait se retrouver en grande difficulté au moment où ses carnets de commande, eux, ne désemplissent pas. Le casse-tête s'annonce particulièrement ardu.