
La fraude aux cotisations sociales ne faiblit pas, bien au contraire. Le dernier bilan annuel de l’Urssaf, rendu public le 20 février et relayé dans la foulée par RMC, fait en effet état d’une progression de pas moins de 25 % du travail dissimulé en deux ans. En 2025, les montants redressés dépassent à nouveau 1,5 milliard d’euros, un record confirmé pour la deuxième année d’affilée.
Au micro de RMC BFM le 11 février, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, observait : «La fraude principale est celle aux cotisations. Un petit nombre monte des entreprises bidon, salarie trois personnes alors qu’il y en a 300 qui travaillent». Il a également insisté sur les conséquences pour les finances publiques et les salariés : «Ce n’est pas normal, puisque cela prive la Sécurité sociale du produit de ses cotisations. Ce n’est pas normal non plus, car les salariés ne cotisent pas pour leur retraite. Et ce n’est pas normal en termes d’égalité de la concurrence».
Un argent difficile à récupérer
Les infractions se concentrent surtout dans le BTP, les services aux entreprises et le commerce. Mais ces chiffres dissimulent une autre réalité, pas plus flatteuse : en 2025, seules 6 % des sommes notifiées ont été recouvrées, soit environ 150 millions d’euros encaissés. L’écart entre redressements et recouvrements demeure donc considérable. L’Urssaf explique ces difficultés par la montée en puissance de «fraudes émergentes, de plus en plus sophistiquées, notamment liées à l’usage des outils numériques (usurpation d’identité, faux comptes, montages dématérialisés)». Pour tenter de muscler l’arsenal, un projet de loi, validé par le Sénat, doit être examiné le 24 février à l’Assemblée nationale. Il prévoit de nouveaux outils de détection ainsi qu’un renforcement des sanctions et des obligations visant entreprises et bénéficiaires d’allocations.



















