
Le constat est simple : rien qu’en 2025, l’Urssaf a déploré 1,5 milliard d’euros de fraudes au travail dissimulé. Et comme il l’a dévoilé dans Les Echos, le ministre du Travail a confié que sur cette somme, seuls 150 millions d’euros avaient été récupérés (10%). Alors, le gouvernement veut lutter contre ce type de fraude et récupérer beaucoup plus d’argent. «On voit bien que le problème aujourd'hui, c'est le recouvrement qui n'est pas suffisant au regard du total des montants de fraude détectés», note-t-il auprès de nos confrères.
Comment va s’organiser cette chasse aux fraudeurs ? Peut-être par l’inscription dans la loi d’une mesure pour mieux lutter contre le travail dissimulé, en permettant notamment de faciliter la fermeture de structures qui ont recours, directement ou indirectement, à du travail au noir, indiquent Les Echos. «Nous voulons durcir l'action de l'Etat pour contrer des pratiques que nous commençons à identifier de la part de grands exportateurs internationaux», met en avant Jean-Pierre Farandou. Et d’ajouter : «On sait très bien que des exportateurs de biens à bas coût pèsent sur des sous-traitants français, notamment dans la logistique, à un point tel que cela peut mener à la fraude.»
Des secteurs plus touchés que d’autres
Parmi les mesures prévues dans ce projet de loi contre la fraude, figure notamment une intitulée «flagrance sociale». Car aujourd’hui, de nombreuses entreprises sont épinglées pour travail au noir, mais au moment de rembourser, elles disparaissent. Cette mesure permettrait ainsi de saisir directement des sommes ou des biens dès que la fraude est détectée, précise BFM. Le gouvernement entend ainsi lutter contre l’insolvabilité organisée de ces sociétés.
Pourquoi le recouvrement est-il si difficile ? Parce que certaines entreprises «sont faites uniquement pour frauder et disparaissent dès que vous les identifiez. Elles font disparaître le patrimoine, les actifs», explique à nos confrères le directeur de l'Urssaf Damien Ientile. D’ici 2030, l’Urssaf espère récupérer pas moins de 500 millions d’euros. D’autant que les contrôles sont beaucoup plus fréquents. L’année dernière, il y a eu 13% de contrôles en plus qu’en 2024.
Parmi ces contrôles, un quart ont permis de mettre en évidence du travail dissimulé, et des secteurs sont plus touchés que d’autres. On retrouve toujours le BTP, ainsi que le service aux entreprises et le commerce. «Nous voulons durcir l'action de l'Etat pour contrer des pratiques que nous commençons à identifier de la part de grands exportateurs internationaux», a mis en avant Jean-Pierre Farandou.




















