Le projet du SCAF (avion de combat européen du futur, porté notamment par Dassault Aviation et Airbus Defense and Space) n’a pas abouti. Le SCAF devait être le symbole d’une Europe de la défense unie, puissante et souveraine. En réalité, il est en train de devenir l’illustration parfaite de tout ce qui ne fonctionne pas en Europe : lenteur, rivalités industrielles, et absence de vision commune, dénonce James D. Touati (dit le Loup de Zurich), consultant, formateur, trader et président-fondateur de The Nest, sollicité par Capital.

Face à cela, Dassault Aviation envoie un signal clair : plutôt que de subir un partenariat déséquilibré, le géant français des avions de chasse (Rafale) et d’affaires (Falcon) envisage sérieusement le retour à un modèle qui a fait ses preuves… celui de l’indépendance. Et si c’était, en réalité, la meilleure décision possible ? «Dassault Aviation n’est pas un acteur comme les autres. C’est l’un des rares industriels au monde capable de concevoir un avion de chasse de bout en bout, sans dépendre d’un écosystème éclaté. Le Rafale en est la démonstration : un programme maîtrisé, cohérent, exportable - et surtout rentable à long terme», fait valoir le consultant.

Pourquoi Dassault Aviation et la France devraient profiter d’un modèle franco-français

À l’inverse, le SCAF accumulait les frictions. Derrière les discours diplomatiques, la réalité était simple : «personne ne voulait céder le contrôle. Airbus côté allemand poussait pour un partage industriel plus large, là où Dassault Aviation défendait une logique de maîtrise complète du design. Deux visions incompatibles. Dans ce contexte, continuer le SCAF à tout prix relevait presque de l’illusion politique», explique le Loup de Zurich.

Un programme franco-français, lui, aurait trois avantages majeurs. D’abord, la vitesse d’exécution. «Moins d’acteurs, moins de compromis, donc une capacité à innover plus rapidement dans un contexte où les technologies militaires évoluent à grande vitesse», fait valoir le consultant. Ensuite, la souveraineté totale. «Pas de blocage à l’export, pas de dépendance stratégique, pas d’arbitrages politiques externes. Un point clé quand on sait que les ventes d’armement sont autant diplomatiques qu’économiques», souligne l’expert. Enfin, la valeur. «Dans un programme national, la chaîne de valeur reste localisée. Marges, emplois, propriété intellectuelle : tout bénéficie directement à l’écosystème français», analyse le Loup de Zurich.

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Évidemment, le coût est élevé. Mais la vraie question n’est pas budgétaire : elle est stratégique. «Vaut-il mieux partager un projet mal aligné, ou assumer seul un programme cohérent ? Dans un monde de plus en plus fragmenté, la souveraineté redevient une prime. Et sur ce terrain, Dassault Aviation semble déjà avoir fait son choix», résume le Loup de Zurich. Dassault Aviation affiche déjà un carnet de commandes record sur le Rafale et concentre ses efforts sur le standard F5 (attendu d’ici 9 ans), souligne Jefferies, qui recommande les actions Dassault Aviation à l’achat dans le cadre d’un placement à horizon moyen terme.

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