Le remplacement des lance-roquettes unitaires (LRU) de l’armée française entre dans sa phase décisive. Le programme FLP-T, lancé en 2023 par la Direction générale de l’armement, doit permettre de choisir d’ici l’été un nouveau système, alors que les équipements actuels, dérivés d’un modèle Lockheed Martin et capables de frapper jusqu’à 70 kilomètres, arriveront en fin de vie d’ici 2027. Dans la course, Safran et MBDA ont ouvert le bal avec une démonstration de leur système Thundart. Le 29 avril, le tandem a annoncé un premier tir réussi : un camion-lanceur «tout chemin» embarquant huit roquettes, conçu pour atteindre 80 km/h et surtout pour frapper puis se replier rapidement. Une logique tirée des enseignements du conflit en Ukraine, où les pièces d’artillerie deviennent vulnérables aux drones. Le système intègre aussi un guidage durci face au brouillage.

À une semaine d’intervalle, Thales et ArianeGroup ont présenté leur propre démonstrateur, avec un essai réussi de missile balistique longue portée. Les industriels mettent en avant une portée pouvant atteindre 2500 kilomètres ainsi qu’une capacité à monter rapidement en cadence, selon Vincent Pery, d’ArianeGroup. La ministre des Armées Catherine Vautrin a salué des «essais très intéressants», comme le relaie BFMTV.

Des démonstrateurs français en ordre de bataille

Mais le choix ne se limite pas aux solutions françaises. La DGA examine également des systèmes «sur étagère» afin de comparer leurs performances. Parmi les options évoquées figurent le K239 sud-coréen et surtout le Himars américain de Lockheed Martin, déjà largement déployé en Europe. Catherine Vautrin insiste sur trois critères : efficacité, prix et délais de livraison. Une offre américaine aurait même été déposée. Au Sénat, elle affirme que «la DGA travaille avec deux groupements d’entreprises françaises pour remplacer le LRU». Mais le sénateur Cédric Perrin, président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées, s’inquiète d’un possible choix américain, évoquant un «casus belli» et le risque de dépendance. La décision finale doit intervenir d’ici l’été.