Alors que la guerre au Moyen-Orient a éclaté ce samedi 28 février après des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, l’armée de Terre française se prépare à un défi majeur : ses lance-roquettes unitaires (LRU) seront obsolètes dès 2027. Trouver une solution intermédiaire devient urgent, en attendant le programme national de «frappe longue portée terrestre» (FLP-T), lancé en 2023 mais déjà retardé, souligne BFM Business ce lundi 2 mars.

Le conflit en Ukraine a remis en lumière le besoin de systèmes d’artillerie modernes capables de résister à une «guerre à haute intensité». Aujourd’hui, la France ne dispose que de quelques «plateformes vieillissantes» dont les munitions dépendent de licences américaines, rappelle Léo Péria-Peigné, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri), dans un récent rapport. Pour combler cette lacune, il propose une stratégie en deux volets : déployer rapidement une solution intermédiaire tout en préparant le FLP-T sur le long terme.

Le K239 Chunmoo sud-coréen privilégié

Le K239 Chunmoo sud-coréen apparaît, selon lui, comme le candidat idéal. Déjà utilisé par la Pologne, l’Estonie, la Norvège et testé dans d’autres pays, il offre une «interopérabilité» précieuse avec les partenaires européens et internationaux. Une option de location auprès de la Pologne pourrait en outre accélérer sa mise en service. D’autres alternatives sont également envisagées : le HIMARS américain ou le PULS, développé par Israël et l’Allemagne.

Le choix devra tenir compte non seulement des performances techniques et de la disponibilité, mais aussi des considérations géopolitiques et stratégiques, notamment la volonté de la France de privilégier des systèmes européens. Face à l’obsolescence imminente des LRU, l’armée française doit donc agir vite pour assurer la continuité de sa capacité de frappe, tout en préparant le futur arsenal national pour les années à venir.