
Shein, surprenant chevalier blanc de la mode hexagonale ? Voici en tout cas le nouveau challenge que se lance la plateforme chinoise d’ultra fast fashion, avec l’annonce de l’ouverture prochaine d’un bureau en France, à Paris, baptisé Shein X fashion forward. Le concept : permettre aux designers de rejoindre ce programme «pour leur donner un coup de pouce afin d’accompagner leur créativité et leur permettre de se lancer. Pour le moment nous débutons ce programme avec la France et nous l’ouvrirons ensuite à d’autres pays», nous explique Leonard Lin, président de Shein pour les zones de l’Europe, du Moyen-Orient et de l'Afrique, à l’occasion d’une rencontre ce mardi 13 mai avec une poignée de journalistes. À ce jour, aucune collaboration n'est encore signée. Mais la tournée promotionnelle est lancée et les castings sont ouverts, raison pour laquelle Leonard Lin passe quelques jours en France. Les premiers noms devraient être dévoilés d’ici peu car Shein projette de d'intégrer une cinquantaine de marques françaises, à horizon six mois.
Au-delà de servir de tremplin à ces jeunes pousses, Shein, via Shein X fashion forward, se lance également à la rescousse des marques en difficulté. En bon samaritain, il veut aussi donner une opportunité à des entreprises de se relancer. Par exemple : la marque Jennyfer qui a demandé sa mise en liquidation judiciaire le 30 avril, pourrait si elle le souhaite participer au programme.
Un pourcentage des ventes à reverser à Shein
Aujourd'hui, les enseignes de mode réalisent en moyenne 10 à 15% de leurs ventes sur internet. Avec cette association, Shein promet l’accès à sa gigantesque base clients du monde entier, aujourd’hui inatteignable pour ces marques traditionnelles. En clair : une visibilité XXL contre… quoi, exactement ? La marque paiera-t-elle une commission ? «Nous prendrons un pourcentage sur les ventes, dont le montant dépendra de la taille de l’entreprise, du potentiel de la marque, du niveau de services et d’accompagnement fourni par Shein, notamment avec la mise à disposition d'équipes conseils, créatives et marketing», nous détaille la plateforme. Aujourd'hui, les revendeurs présents sur la marketplace versent 10% de leurs ventes à Shein.
C&A, André, Pimkie, Naf Naf, Le Coq Sportif… Ces entreprises en difficulté vont-elles pactiser ? Difficile à dire. D’autant que la plupart d’entre elles accusent précisément Shein d’avoir précipité leur chute, en habituant les consommateurs à des prix bradés et à une production effrénée.
















