Un pavé dans la mare. Le 29 octobre, deux ONG, Bloom et Foodwatch, ont publié un rapport alarmant sur la teneur en mercure présente dans les boîtes de thon en conserve. En France, la marque Petit Navire (Thai Union Frozen) est particulièrement pointée du doigt avec un taux de mercure record de 3,9 mg/kg, c’est-à-dire 13 fois plus élevée que celle des autres espèces de poissons (0,3 mg/kg). Contactée par Capital, la marque nous a répondu «n’avoir appris l’existence de ce rapport qu’au moment de sa publication». Quelques heures plus tard, elle riposte et s’explique dans un courriel, envoyé à Capital.

«Nous veillons à ce que tous nos produits soient conformes aux réglementations françaises et européennes en vigueur. S’agissant du thon, la réglementation européenne impose un seuil maximal de mercure de 1mg/kg sur la matière première (le thon frais, ndlr)», indique Petit Navire. Elle affirme également mener des tests tous les mois sur les espèces de thon pêchées, soit 270 contrôles au cours des trois dernières années. «Les résultats de ces contrôles n'ont jamais révélé de taux de mercure supérieurs aux normes européennes en vigueur et sont en moyenne compris entre 0,2 et 0,3 mg/kg, soit 70 à 80% de moins que la limite autorisée», ajoute Petit Navire.

Pas d'analyse sur le thon en boîte

En revanche, la marque a précisé que ces contrôles étaient opérés sur le thon frais et non sur ceux en conserve. Un détail crucial. Car, comme le souligne le rapport, le thon en boîte perd beaucoup d’eau et le mercure s’y retrouve deux à trois fois plus concentré que dans le frais.

De son côté, la profession, par la voix de la FIAC (Fédération Interprofessionnelle des Aliments Conservés), dénonce une enquête partiale et volontairement alarmiste des deux ONG. «La consommation de thon en conserve n’est pas dangereuse pour la santé et les produits proposés aux consommateurs respectent scrupuleusement la réglementation française et européenne. Sur les 2 700 résultats d’analyses collectés depuis 8 ans au niveau français, la teneur en mercure se situe en moyenne à 0,2 mg/kg, soit nettement sous la limite de 1,0 mg/kg autorisée pour assurer la sécurité des consommateurs», souligne la Fédération. Là encore le flou réside : parle-t-on de la réglementation applicable au thon frais ou des analyses effectuées sur les boîtes de conserve ?