A l'approche de la rentrée scolaire, ces huit mairies ont pris une décision forte. Les municipalités de Paris, Lyon, Montpellier, Grenoble, Lille, Rennes, Bègles et Mouans-Sartoux ont choisi de «faire cesser l'exposition des enfants au mercure», classé par l'OMS parmi les dix substances les plus préoccupantes pour la santé publique, en bannissant le thon des menus de leurs cantines scolaires, ont-elles annoncé ce jeudi 28 août. Dès le mois d’octobre dernier, les ONG Bloom et Foodwatch avaient alerté sur la contamination du thon au mercure, une substance nocive pour la santé, après avoir fait tester 148 boîtes de thon en conserve par un laboratoire indépendant.

Ainsi, 100 % des boîtes testées étaient contaminées au mercure. Celui-ci est classé par l'Organisation mondiale de la santé parmi les dix substances les plus préoccupantes pour la santé publique. «Les enfants peuvent très vite dépasser la dose hebdomadaire tolérable (DHT), c'est-à-dire la quantité maximale ingérable régulièrement au cours d'une vie avant de s'exposer à un risque sanitaire», alertent les huit mairies représentant plus de 3,5 millions d’habitants, dans un communiqué, affirmant qu'«aucune mesure n'a été prise par les responsables politiques nationaux et européens et l’industrie du thon pour protéger les consommateurs».

Des effets dévastateurs sur le développement neuronal des plus jeunes

Sur plus d’une boîte sur deux testée, la teneur en mercure dépasse la limite maximale fixée pour d'autres espèces de poissons comme le cabillaud ou les anchois, soit 0,3 mg/kg. Cette limite a été fixée à 1 mg/kg pour le thon. «Une fois ingéré, ce puissant neurotoxique peut se loger dans le cerveau et avoir des effets dévastateurs, en particulier sur le développement neuronal des plus jeunes (baisse de QI, troubles neuromoteurs, troubles du comportement, troubles de la mémoire…)», énonce le communiqué.

Gilles Pérole, adjoint au maire de Mouans-Sartoux, regrette, auprès de l'AFP, que «le thon ait droit à une dérogation de taux de mercure par rapport aux autres poissons». Il souhaite que «le principe de précaution» soit appliqué immédiatement. Pour un retour du thon dans les menus de leurs cantines scolaires, les collectivités réclament que «la limite maximale de mercure autorisée dans le thon soit abaissée à la teneur la plus stricte existant pour le poisson, à savoir 0,3 mg/kg».