Pour garder le poil luisant et un look impeccable, des coussinets jusqu’à la pointe de la truffe, Aglaé, coquette spitz des beaux quartiers parisiens, s’est fait offrir son toilettage de printemps à l’Alpha Dogs' House, un authentique spa pour boules de poils, niché près du Louvre. Au programme : shampoing, coupe, "pattucure" (soin des pattes et griffes) et pour finir, séance de massage et de luminothérapie, spécialité maison aux effets supposés anti-inflammatoires et relaxants. «On m’a assuré que cela aurait un effet bénéfique sur son anxiété», assure Ingrid, sa propriétaire. Au total, cette "dog mum" – en français, maman de chien – ainsi qu’elle se définit elle-même, aura déboursé 190 euros pour ces deux heures de papouilles canines.

Parfum spécial Médor

Décidément, rien n’est trop beau pour le meilleur ami de l’homme ! «Les maîtres considèrent désormais leur animal comme un membre à part entière de leur famille, parfois même comme leur enfant. Cela les incite à privilégier des produits et prestations de qualité», analyse Mélanie Gauthier, la fondatrice de Pet Cheri, une conciergerie haut de gamme qui propose exclusivement ses services aux animaux de compagnie. Outre les traditionnelles gardes (50 euros la journée) et promenades (25 euros l’heure), elle dispense divers soins et massages – l’enveloppement aux algues, à partir de 100 euros, devient un must – et s’adapte aux demandes les plus insolites, comme l’organisation de goûters d’anniversaire et même de Noëls spécial toutou, facturés jusqu’à 1 000 euros.

Too much ? Pas plus que Fefé, le premier parfum pour chien lancé il y a deux ans par Dolce & Gabbana (99 euros le flacon de 100 millilitres) ! L’anthropomorphisme, cette étrange manie que nous avons d’attribuer aux bêtes des envies ou des besoins semblables aux nôtres, fait de nos compagnons à quatre pattes des poules aux œufs d’or. Dans l’alimentation, les accessoires, l’habillement, le tourisme et même les gadgets high-tech, le chien est devenu la cible des as du marketing. Qui n’ont sûrement pas fini de nous surprendre.

Alimentation : pour toutou, c’est moelleux à l’apéro et glace au dessert !

Le péché mignon de Shlomo ? La glace aromatisée au poulet rôti. Dès que les rayons du soleil lui échauffent un peu trop le museau, ce petit carlin de 5 ans et demi lorgne sur cette friandise rafraîchissante, lancée voilà deux ans par son maître, Jordan Zaluski. «La recette, conçue avec un vétérinaire nutritionniste, nous a demandé six mois de préparation», confie cet ex-avocat et banquier d’affaires reconverti dans la "dog food". Delamour, sa marque de snacks gourmands, assure concilier le plaisir des papilles avec la santé de l’animal. «Nos glaces artisanales contiennent 50% de sucre et 30% de matières grasses en moins par rapport aux autres produits industriels, ainsi que des probiotiques qui favorisent la digestion», assure-t-il. Toutou kiffe à tous les coups. Pendant qu’il met quatre à six minutes à lécher un pot de glace (comptez 4,95 euros les 90 millilitres), son cerveau de canidé libère des endorphines, une hormone du plaisir. Résultat ? «Un chien qui consomme notre glace bat de la queue 70 fois par minute, en moyenne», a mesuré l’expert canin qui propose aussi des glaces à base de vitamines ou de spiruline. Sa marque se décline sur Internet, dans les concept stores canins, dans des cliniques vétérinaires et même dans des palaces, comme le Château de la Messardière à Saint-Tropez. Elle est en discussion avec Picard et vient de débarquer chez Monoprix pour distribuer ses "pépites", des compléments alimentaires au bœuf, poulet ou cabillaud visant à renforcer les articulations de Médor ou l’aider à déstresser.

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