Après deux ans et demi d’une crise immobilière provoquée par la flambée des taux de crédit, vous avez bien envie de vous jeter à l’eau et d’acheter enfin un logement. Mais, entre autres questions, vous vous demandez s’il ne faut pas attendre que les taux et les prix baissent encore un peu. Voici le conseil d’un professionnel du secteur, et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du président du réseau d’agences immobilières Century 21 France, Charles Marinakis, invité de l’émission Le Grand rendez-vous de l’immobilier (Capital/Radio) ce vendredi 23 mai. «Qu’il s’agisse des prix ou des taux, les planètes sont aujourd’hui parfaitement alignées et cela fait longtemps que l’on n’a pas vu cela, il faut en profiter !», recommande-t-il.

«Les Français doivent avoir conscience que les prix des logements anciens ont beaucoup baissé, ces deux dernières années, de 8% à 12%, ce qui était une nécessité absolue» après les années folles post-Covid, souligne Charles Marinakis. Les taux de crédit aussi ont baissé, ramenés d’un pic de plus de 4% fin 2023 à environ 3,20% en moyenne aujourd’hui. A ceux qui objectent que, plus de 3%, c’est encore trop élevé, Charles Marinakis rappelle que «des taux entre 3% et 3,5% n’ont rien d’incohérent, on a déjà vu ces niveaux, qui permettent en outre aux banques de gagner leur vie».

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850 000 transactions dans l’immobilier ancien en 2025

Pour peu que les taux se maintiennent dans cette fourchette, Charles Marinakis n’exclut pas un rebond de près de 10% du nombre de transactions immobilières en France cette année, à 850 000. Un chiffre qu’il estime être «le gabarit» normal du marché, loin du 1,2 million de 2021, quand les taux n’excédaient pas 1%. Une autre condition doit toutefois être remplie pour permettre un tel redressement du marché : la remontée des prix, qui s’observe déjà par endroits, «ne devra pas être supérieure à 3%, sinon les acquéreurs perdront le pouvoir d’achat qu’ils ont regagné grâce à la baisse des taux», prévient Charles Marinakis.

Une mise en garde à l’attention des vendeurs : «Ce que l’acquéreur vous donne en prix, c’est autant d’argent qu’il ne peut pas mettre dans sa mensualité de remboursement de crédit», celle-ci ne devant pas dépasser 35% de ses revenus selon la règle du Haut conseil de stabilité financière. Règle que certains professionnels de l’immobilier souhaiteraient voir assouplie. Pas Charles Marinakis, qui assume de «prendre le contre-pied des courtiers». «Je suis farouchement contre un tel assouplissement. On ne peut pas considérer cette mesure protectrice comme excellente quand le marché immobilier va bien, puis vouloir la mettre à la poubelle quand il se porte mal. Par ailleurs, quand on achète une résidence principale, l’idée n’est pas de se mettre en difficulté financière. Enfin, un assouplissement de la règle entraînerait un risque accru de non-remboursement des crédits, ce qui conduirait les banques à remonter leurs taux», cingle le patron de Century 21.