La première erreur constatée par cette professionnelle de l'immobilier ? Elle intervient souvent avant même la recherche du bien. «Beaucoup d’acquéreurs ne consultent pas de courtier en crédit. Pourtant, c’est indispensable pour connaître précisément son budget, sa solvabilité et sécuriser son dossier», explique Melissa Pelletier.

Un passage clé pour optimiser le taux, l’assurance et réduire la mensualité. «Cela permet aussi de savoir si une banque peut réellement accompagner le projet jusqu’au bout.»

Prix affiché, négociation et surestimation : un triptyque mal compris

Autre écueil récurrent selon l’agent immobilier en région parisienne, se focaliser uniquement sur le prix affiché. «Les acquéreurs savent qu’ils peuvent négocier, mais ils ne connaissent pas toujours les limites acceptables du marché.» Des visites de biens sont donc hors budget ou des offres irréalistes. «Beaucoup de biens sont encore surestimés par rapport au marché actuel, ce qui brouille la lecture des prix pour les acquéreurs et complique les négociations».

Les travaux sont eux aussi mal intégrés dans l’équation. «Soit ils les sous-estiment, soit ils les gonflent par précaution, ce qui fausse la perception globale du projet.»

DPE, apport, charges : des paramètres encore sous-estimés

Le diagnostic de performance énergétique (DPE) cristallise également de nombreuses incompréhensions. «Certains acquéreurs refusent de visiter des biens classés E, F ou G, sans savoir qu’il existe des aides et des solutions pour améliorer la performance énergétique», observe l’agent immobilier. Une approche dommageable selon elle : «Un bien mal noté se vend moins cher aujourd’hui, mais après travaux, il peut prendre de la valeur.»

Sur le plan financier, l’apport reste souvent sous-estimé. «Les banques sont devenues très rigoureuses. Il faut au minimum couvrir les frais de notaire, mais aussi anticiper les frais annexes, les prorata de charges ou d’éventuels travaux votés en copropriété.»

Quand l’émotion prend le pas sur la rationalité

Enfin, l’émotion joue un rôle central, parfois au détriment de la rationalité. «Beaucoup d’acquéreurs ont un coup de cœur dès la première visite, mais continuent à comparer. Ils réalisent parfois trop tard que le bien est vendu.» La difficulté à se projeter est aussi fréquente : «Une décoration très marquée ou un logement encombré peut bloquer, alors que le bien correspond parfaitement aux critères.»

Face à ces écueils, l’accompagnement reste déterminant. «Un agent immobilier n’est pas un magicien, mais il aide à comprendre le marché local, à négocier, à gérer les aspects techniques, juridiques et émotionnels. Notre rôle est de sécuriser chaque étape du projet.» Dans un marché devenu plus exigeant, la réussite d’un achat immobilier repose moins sur le coup de cœur que sur la capacité à être bien informé, bien entouré et à décider au bon moment.