Les emprunteurs sont-ils au pied du mur ? Depuis le printemps dernier, les courtiers en crédit alertent sur le blocage à venir du marché. Dans un contexte de taux encore relativement bas - 1,82% en août selon l’Observatoire Crédit Logement CSA -, les emprunteurs se retrouvent en effet confrontés à une double exigence. D’une part, les nouvelles normes d’emprunt édictées par le Haut conseil de stabilité financière, un organe présidé par Bercy, les obligent à respecter un plafond d’endettement (assurance comprise). Impossible pour les ménages de consacrer ainsi plus de 35% à leurs revenus nets avant impôt au remboursement de leurs prêts.

De l’autre, un mécanisme de protection des consommateurs - l’usure - interdit aux banques d’octroyer un crédit s’il excède un taux plafond. Cet outil anti-surendettement est calculé grâce à la moyenne des taux pratiqués au trimestre précédent, majorée d’un tiers. Il est ainsi fixé aujourd’hui à 2,57% pour les emprunts s’étalant sur plus de 20 ans. De quoi compliquer sérieusement l’accès au crédit pour nombre de ménages pourtant solvables, puisque ce plafond à respecter, historiquement faible, doit comprendre l’ensemble des frais afférents à un prêt immobilier : intérêts, assurance, frais de dossier et garantie… Des contraintes qui ne passent plus pour de nombreux ménages, à mesure que les taux augmentent.

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