Les primo-accédants sont vite rattrapés par plusieurs obstacles lorsqu’ils font leurs premiers pas dans l’immobilier. Notamment pendant l’étape du financement. Jeanne et Johan en sont de parfaites illustrations. «Dans le cadre de nos études, nous avons quitté nos campagnes respectives pour nous installer à Lyon, où Johan et moi nous sommes rencontrés. Depuis, c’est une ville que nous n’avons jamais quittée», raconte Jeanne.

En 2022, le jeune couple décide de commencer des recherches pour acheter un appartement. «Nous étions tous les deux excités de cette étape dans notre vie de jeunes adultes», précise-t-elle. Coup de chance : il s’avère qu’un appartement, situé dans l’immeuble où ils sont justement locataires, s’apprête à être mis en vente. «Nous connaissions le propriétaire, donc nous l’avons visité en primeur. Comme il nous plaisait beaucoup, le vendeur s’est engagé à attendre quelques jours avant de publier une annonce sur les portails», explique Jeanne.

Pas d'économies, pas d'apport

Cependant, deux problèmes viennent rapidement freiner les ardeurs du jeune couple. Le premier, c’est que les deux actifs n’ont pas encore de situation professionnelle stable aux yeux des banques. Jeanne travaille alors en freelance, en tant que community manager, tandis que Johan est fraîchement embauché en CDI et est encore en période d’essai.

Le second problème, c’est que le couple n’a aucune économie de côté, qui pourrait servir d’apport pour un achat immobilier. «Lors du premier RDV, le banquier nous fait rapidement comprendre que notre dossier n’est pas idéal. Et qu’un apport, même petit, pourrait faire la différence», raconte Jeanne. La partie est d’autant moins gagnée que les prix immobiliers lyonnais sont élevés, en moyenne de 4975 euros en 2022, selon la FNAIM. «L’appartement de 57 mètres carrés que nous avions repéré était affiché à 275 000 euros. C’était un prix plutôt attractif pour le 3e arrondissement de Lyon», confie Jeanne.

Une donation et un prêt familial pour constituer un apport

Jeanne et Johan décident sans attendre d’en parler à leur famille. «Nous n’avons jamais rien réclamé à nos parents. Mais spontanément, ils nous ont proposé de nous aider, à leur hauteur. Nous étions tous les deux très touchés», confie Jeanne. Les parents de Johan font alors une donation de 15 000 euros à leur fils tandis que Jeanne négocie, avec ses parents, un prêt familial d’un montant de 45 000 euros, dépourvu d’intérêts. En sa qualité d’emprunteuse, la jeune femme rédige alors une reconnaissance de dettes pour sceller son accord avec ses parents. «Nous sommes ensuite retournés voir notre banquier avec ces nouveaux éléments. Comme nous avions désormais un apport conséquent, qui correspondait à plus de 20% du montant de l’appartement, notre dossier ne présentait plus aucune difficulté. Nous avons ainsi emprunté 250 000 euros, sur une durée de 25 ans», raconte-t-elle.

Début 2023, les deux jeunes actifs sont ainsi devenus propriétaires de l’appartement du 3e arrondissement, grâce au coup de pouce de leurs parents. «Sans eux, nous n’aurions pas pu acheter un appartement aussi grand ou nous aurions dû quitter notre quartier fétiche. Bref, nous aurions dû revoir nos critères à la baisse ou différer notre projet d’achat, le temps d’économiser», conclut-elle.

>> Les prix de l'immobilier et loyers dans 100 villes de France (Indicateur Capital/Fnaim/Clameur)