Couteau-suisse, le métier d’agent immobilier ? «Il arrive qu’il me transforme en femme de ménage…», soupire Isabelle, qui exerce cette profession depuis une dizaine d’années en région parisienne. Un jour, toute heureuse d’avoir décroché le mandat de vente d’un bel appartement estimé à un million d’euros, dans une ville bourgeoise des Yvelines, elle s’apprête à rentrer à l’agence lorsque le vendeur la presse de faire des photos pour mettre l’annonce en ligne le plus rapidement possible. Isabelle en reste comme deux ronds de flan : «L'appartement était dans un b… inimaginable. Chips et culottes sales dans les chambres des enfants, godemichets sur la table de nuit des parents… Impossible de photographier ça !».

Le client n’en a cure, il part le soir même en vacances avec sa femme et ses filles, donc, si Isabelle veut vraiment vendre le bien, la prise de photos, c’est maintenant. Oui, à un million d’euros, Isabelle veut vendre l'appartement, forcément. «J’ai fini par convaincre mon client qu’il fallait ranger au moins la pièce de vie et les chambres. On y a passé deux heures… Et encore, lui se contentait d’entasser les objets en désordre dans des sacs et valises qu’il glissait sous les lits !», se souvient-elle. Il lui faudra ses dix ans d’expérience pour garder son flegme face au vendeur qui a conclu ces deux heures de ménage par un gaillard «c’est ma femme qui va être contente, elle n’aura rien à ranger avant de partir en vacances !».

Un gros canapé et huit fauteuils dans 15 mètres carrés

Isabelle a davantage d’indulgence pour «les papis et mamies aux intérieurs très encombrés». «Une grand-mère me fait visiter son appartement pour le mettre en vente. Dans le petit salon de 15 mètres carrés, il y avait un énorme canapé et…huit fauteuils !», raconte Isabelle. Qui a eu toutes les peines du monde à convaincre la petite dame de descendre six fauteuils à la cave le temps des visites, afin que les acquéreurs éventuels se rendent compte du véritable volume de la pièce : «elle me soutenait qu’elle avait besoin de ses huit fauteuils pour permettre à tous ses petits-enfants de s’asseoir, bien qu’ils ne viennent que les week-ends…»

Pas simple non plus, la visite d’un appartement dont le vendeur a au moins l’honnêteté de prévenir Isabelle qu’il est «très encombré». «C’était au-delà de l’encombrement : un vrai musée d’antiquités ! Il y en avait partout, jusque dans les toilettes… C’était flippant», se remémore l’agent immobilier. Le musée du quai Branly dans 55 mètres carrés, ça ne donne pas aux acquéreurs potentiels une idée «des volumes», comme on dit dans le jargon immobilier… Agents immobiliers, comme Isabelle, n'hésitez pas à écrire à Capital pour témoigner de vos visites insolites !

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