Taxe sur les logements vacants ou taxe majorée sur les résidences secondaires, de nombreux loueurs de logements touristiques sont désormais contraints de payer plus pour leurs biens secondaires. La dure loi du marché qui permettra, peut-être à terme, d’équilibrer la présence de résidences principales, logements à l’année et résidence touristique dans chaque ville.

Ainsi, depuis 2025, vous devez indiquer si vous louez ou occupez à titre gratuit une résidence autre que principale au sein de votre déclaration de revenus dans un nouveau cadre intitulé «location d’une résidence secondaire». Vous renseignez alors l’identité du propriétaire et l’adresse du bien immobilier. Une première étape pour éviter ce qu’il se passe, par exemple sur l’île d’Oléron, qui lutte contre ces locations de courtes durées. Dans cette ville de Charente-Maritime, on compte 62% de résidences secondaires, un record en France. Mais une parade a également été trouvée ! Pour encourager la location à l'année, l’île d’Oléron propose désormais jusqu’à 10 000 euros de prime.

Les propriétaires aux multiples biens immobiliers, le principale fléau

Un peu plus au nord, aux Sables d’Olonne (Vendée) aussi, une solution a été trouvée pour équilibrer les locations touristiques et les logements pour les personnes qui y vivent à l’année. «Afin d’empêcher que le marché de la location à l’année ne soit asphyxié», présente le maire Yannick Moreau, sur BFMTV, les propriétaires qui acceptent que leurs locations ne deviennent plus des logements touristiques ont eu droit à des aides favorables. Ainsi, «461 logements ont basculé de la location touristique à la location à l’année, sans besoin de construire de nouvelles résidences», partage le maire des Sables d’Olonne.

Si le combat des villes contre Airbnb semble avoir enfin été gagné, puisque 25 000 meublés touristiques ont été jugés illégaux, un autre persiste. La réelle problématique visée est celle des propriétaires collectionnant les biens immobiliers, pour faire fructifier leur argent et les mettre en location, et non pour y habiter. Ici, on ne parle pas de ce doux rêve de posséder une résidence secondaire, et y vivre quelque temps à l’année, mais bien de ces propriétaires qui détiennent plusieurs logements, ou même bâtiments, et ne font que les louer comme des locations touristiques. À Paris, à Nice ou dans les Alpes, et autres zones tendues, un océan de résidences secondaires noie le marché immobilier et «mettent des dizaines de milliers de personnes à la rue», regrette Jacques Baudrier, adjoint à la mairie de Paris en charge du logement. La fiscalité a durci la possession abusive de résidences secondaires touristiques, mais le chantier est loin d’être terminé.