S'offrir une maison de vacances, à la campagne ou au bord de la mer, est un rêve pour beaucoup de Français. Mais la fiscalité qui l'accompagne est bien moins grisante. Si la taxe d'habitation sur la résidence principale a disparu en 2023, elle reste due pour les résidences secondaires. Et dans certaines des 3 690 communes situées en zone tendue, où la demande de logements est très supérieure à l’offre, la note peut être particulièrement salée : elles sont en effet autorisées à majorer la taxe d’habitation de 5% à… 60% ! Pas moins de 44% d'entre elles ont sauté sur l'occasion en 2025, contre 40% en 2024, selon la Direction générale des finances publiques. ​​Trois régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Occitanie) concentrent le plus grand nombre de communes ayant institué cette majoration, avec respectivement 339, 327 et 185 villes.

Si le taux moyen de la majoration est de 41,4%, 40% des communes ont tout de même augmenté la taxe d’habitation sur les résidences secondaires du maximum autorisé de 60% (voir infographie). C’est le cas de La Rochelle, où la majoration est passée cette année de 50% à 60%, la municipalité divers gauche espérant inciter des propriétaires à revendre leurs résidences secondaires, et que celles-ci soient acquises soit par des propriétaires occupants, soit par des investisseurs qui les loueront à l’année à des étudiants, de jeunes actifs ou à des familles. La Rochelle compte en effet pas moins de 6 500 résidences secondaires, soit 12% du parc de logements, contre 4 500 il y a une dizaine d’années.

«Je suis locataire… mais propriétaire de 9 biens qui me rapportent 4 000 euros net par mois»

Une taxe d’habitation particulièrement majorée dans l’ouest

C’est également pour «lutter contre le développement des meublés touristiques de type Airbnb» que Villeurbanne, à côté de Lyon, a décidé de porter la majoration de la taxe d’habitation de 36% à 60% en 2025. «L’augmentation de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires au plafond, permise par l’Etat, est nécessaire pour lutter contre le mal-logement», argumente la majorité municipale, rappelant que près de 25 000 personnes sont sans domicile dans la métropole de Lyon, où le nombre de résidences secondaires a plus que doublé en 10 ans.

Mais c’est dans l’ouest que le taux moyen de la majoration est le plus élevé, avec la Bretagne (49,4%) et la Nouvelle-Aquitaine (49,3%) en pole position, devant l’Ile-de-France (44%). A l’inverse, le taux moyen est le plus faible dans les régions situées dans le nord-est, comme la Bourgogne-Franche-Comté (20,2%), le Grand-Est (34,7%) et les Hauts-de-France (33,6%). A méditer si vous souhaitez acheter une résidence secondaire. D'autant plus que la taxe d’habitation s'ajoute à la taxe foncière, qui a bondi de 20% en moyenne en France au cours des cinq dernières années.