
Tombé amoureux de Royan, vous étiez sur le point d’y faire construire une maison de vacances. Las ! Le conseil municipal de cette station balnéaire de Charente-Maritime a voté, mardi 13 mai, une modification du plan local d’urbanisme (PLU) qui impose «une obligation d’usage de résidence principale dans certaines constructions nouvelles de logements neufs». Concrètement, sur une superficie de près de 17 hectares, où des programmes immobiliers sortiront de terre dans les prochaines années, les futurs logements devront être utilisés en tant que résidences principales seulement. Il sera interdit de les acheter pour en faire des résidences secondaires.
La mairie de Royan ne sort pas cette initiative de son chapeau mais de la loi dite «anti-Airbnb» de novembre 2024, qui vise à favoriser les logements habités à l’année plutôt que l’habitat occasionnel, touristique. «Une opération immobilière, sur la commune, nous a alertés. Sur les 50 logements privés mis en vente, seuls 15 sont destinés à être occupés à l’année. Ce n’est pas possible de continuer comme ça», explique le premier adjoint au maire, Didier Simonnet, dans les colonnes du journal Sud-Ouest. De fait, les résidences secondaires ne représentent pas moins de 43,2% des logements à Royan, selon l’Insee.
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70% de résidences secondaires à Chamonix
Une proportion qui grimpe à 70% à Chamonix Mont-Blanc. C’est pourquoi les élus de la célèbre station de ski ont décrété qu’ils ne voulaient «plus aucune nouvelle résidence secondaire sur la quasi-totalité de la commune», dans un communiqué publié le 11 mars dernier. Ce, au travers d’un plan local d’urbanisme «radicalement tourné vers le logement permanent». Comme leurs homologues de Royan, ils s’appuient sur la nouvelle loi «anti-Airbnb», également surnommée loi «Le Meur», du nom de la députée qui l’a portée, pour «instaurer des servitudes de logement permanent» et ne plus autoriser aucune nouvelle construction de résidence secondaire.
En se réjouissant alors d’être à l’origine «d’une première en France», les élus chamoniards ne se doutaient peut-être pas que leur exemple ferait si vite des émules. Dès le mois suivant, la ville de Bonifacio, en Corse, devenait la première commune littorale de France à interdire la construction de résidences secondaires sur l'ensemble des zones urbanisées de son territoire. Une servitude inscrite dans le plan local d'urbanisme qui sera arrêté en septembre. Il faut dire que les résidences secondaires représentent plus de la moitié - 54% exactement - du parc de logements à Bonifacio, d’après l’Insee. Le maire entend donc dédier aux seules résidences principales les quelque 87 hectares de terrains encore constructibles, contre 5 000 hectares il y a une vingtaine d’années.




















