
La flambée des prix des carburants se poursuit en France. Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures jeudi 21 mai. Toutefois, l’exécutif assure qu’il n’y a aucun risque de pénurie à l’heure actuelle. Mais la situation va-t-elle perdurer ainsi ? Si globalement, dans le monde, le discours est de rassurer, notamment grâce aux réserves stratégiques, depuis plusieurs semaines, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol alerte : «Aucun pays ne sera immunisé», alertait-il en mars, avant d’être pessimiste pour le mois suivant : «Avril sera bien pire que mars.»
Mais ce jeudi 21 mai, le directeur de l’AIE est allé plus loin et a exposé ses craintes de pénurie en pétrole pour cet été, résume BFM. Face à l’instabilité actuelle et les menaces qui planent toujours sur l’Iran, Fatih Birol laisse entendre que le marché pétrolier pourrait entrer dans «une zone rouge» donc la pénurie pourrait être effective en juillet et en août. «Le problème, c'est qu'à la fin juin, début juillet, la saison des voyages commence», rappelle-t-il, ajoutant que c’était à cette période qu’«en général la demande de pétrole, la consommation de pétrole augmente».
Un difficile retour à la normale en perspective
Ce ne sont aujourd’hui que des hypothèses, et en réalité, tout dépend de la situation au Moyen-Orient et notamment de la réouverture du détroit d’Ormuz. Pour faire face au mieux à la situation, Fatih Birol rappelle que son organisation est «prête à agir» afin de libérer encore plus de réserves de pétrole, mais faut-il encore que «les pays le décident». Jusqu’à ce jour, 426 millions de barils ont déjà été libérés, soit un tiers des réserves des stocks stratégiques des 32 pays membres de l’organisation.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la fermeture du détroit d’Ormuz a provoqué la perte d’environ 14 millions de barils par jour, ce qui pèse aujourd’hui sur le marché. L'Agence internationale de l'énergie continue d’alerter contre une hausse des prix si la situation ne s’améliore pas dans la zone. Mais quoi qu’il arrive, même si une réouverture du détroit d’Ormuz était décidée dans les jours ou semaines à venir, la situation ne reviendrait pas à la normale pour autant.
«Il est peu probable que la baisse des prix soit aussi importante que beaucoup l'espèrent», explique par exemple l’analyste chez Global Risk Management, Arne Lohmann Rasmussen. En dehors du pétrole, la fermeture du détroit d’Ormuz impacte de nombreux secteurs, à commencer par les matières premières et les engrais. Sans oublier toutes les infrastructures énergétiques endommagées depuis le début du conflit. «Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie. Il est donc nécessaire de mener une action à l’échelle mondiale», a prévenu Fatih Birol dès le mois de mars.




















