
La guerre au Moyen-Orient pourrait provoquer la pire crise énergétique mondiale depuis plusieurs décennies, a averti ce lundi 23 mars Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Selon lui, la situation constitue une «menace majeure» pour l’économie mondiale, rapporte Le Parisien. «A ce jour, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies», a déclaré Fatih Birol lors d’une conférence au National Press Club à Canberra, faisant référence aux crises des années 1970.
«A l’époque, pour chacune de ces crises, le monde a perdu environ cinq millions de barils par jour, soit, en ajoutant les deux, 10 millions de barils par jour», a-t-il précisé. Le directeur de l’AIE a également évoqué les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 : «Cette crise représente à ce stade deux crises pétrolières et un effondrement du marché du gaz réunis». Selon lui, au moins 40 infrastructures énergétiques sont «gravement ou très gravement endommagées» dans neuf pays du Moyen-Orient en raison du conflit.
Les centrales iraniennes dans le viseur américain
«Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise si elle continue dans cette voie. Il est donc nécessaire de mener une action à l’échelle mondiale», a prévenu Fatih Birol. «L’économie mondiale fait face à une menace majeure, et j’espère vivement que ce problème sera résolu dès que possible», a-t-il ajouté. Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour 20% de la production mondiale de pétrole, reste bloqué depuis le 28 février, suite à des frappes israélo-américaines contre l’Iran.
Faute de réouverture par Téhéran d’ici ce lundi soir, le président américain Donald Trump a menacé de «frapper et anéantir» les centrales électriques iraniennes. En représailles, l’Iran mène des attaques avec missiles et drones contre des infrastructures, notamment énergétiques, dans des pays alliés des Etats-Unis, ainsi que contre des navires circulant dans le Golfe, menaçant en particulier ceux empruntant le détroit.
Pour tenter de freiner la hausse des prix du pétrole, les Etats-Unis ont autorisé vendredi la vente et la livraison pour un mois du pétrole iranien stocké sur des navires. Mais Téhéran a déclaré ne pas disposer d’un surplus de pétrole brut en mer.



















