Le détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures, est au cœur d’une nouvelle offensive iranienne. Alors que le conflit au Moyen-Orient atteint son 80e jour, Téhéran a officialisé ce lundi 18 mai la création d’un organisme inédit : l’Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA). Cette initiative survient après le blocage de cette voie maritime stratégique, effectif depuis le 28 février, date du déclenchement de la guerre dans la région.

Selon le Conseil suprême de sécurité nationale et la Marine des Gardiens de la Révolution, cette nouvelle autorité aura pour mission de fournir des «mises à jour en temps réel sur les opérations» dans ce passage maritime, rapporte L’Opinion. Une annonce qui suscite de nombreuses interrogations sur les intentions réelles de l'Iran. Dès avril, Téhéran avait déjà affirmé avoir perçu les premières recettes issues d’un péage instauré dans le détroit, signalant une volonté de monétiser son contrôle sur cette zone.

Les géants du numérique dans le viseur

Mais les ambitions iraniennes ne s'arrêtent pas là. Téhéran souhaite désormais taxer les câbles sous-marins qui serpentent sous le détroit d’Ormuz. Une information rapportée par CNN, qui met en lumière la volonté de l'Iran de facturer leur utilisation aux plus grandes entreprises technologiques mondiales, telles que Microsoft, Google, Amazon ou encore Meta. Ces infrastructures numériques sont vitales, transportant d’importants flux de données Internet et financières entre le Golfe Persique, l’Asie et l’Europe.

«Nous imposerons des frais sur les câbles Internet», a déclaré le porte-parole militaire iranien Ebrahim Zolfaghari sur le réseau social X. Si la faisabilité d'une telle mesure reste incertaine quant à la manière dont la République islamique pourrait contraindre ces géants à s’acquitter de ces taxes, des médias affiliés à l'Etat ont déjà relayé des menaces voilées visant directement ces câbles sous-marins.