Si l'assurance vie demeure le placement préféré des Français, beaucoup la réduisent à tort à un simple fonds en euros. «Ce produit n'est qu'une enveloppe juridique qui bénéficie d'une fiscalité avantageuse, rappelle Karine Lecocq, associée-gérante de Lazard Frères Gestion. On peut y mettre des placements sécurisés – les fonds euros –, mais aussi de la gestion pilotée, des actions, du private equity, des ETF…» Une polyvalence qui en fait bien plus qu'un simple livret dopé.

1. Épargner sans payer d'impôts

Voici l'un des grands atouts de l'assurance vie : tant que vous n'effectuez aucun retrait, vos gains et plus-values échappent à l'impôt. Seuls les prélèvements sociaux sur le fonds en euros sont prélevés annuellement. «Cela permet de capitaliser sans le poids de l'impôt chaque année», résume Marie-Laure Decobert, ingénieur patrimonial chez SwissLife Banque Privée.

Tous les ans, les intérêts générés par le fonds en euros sont définitivement acquis et viennent gonfler votre capital. Une fois crédités, impossible de les perdre, même si les marchés plongent. C'est ce que l'on appelle «l'effet cliquet» : vos gains sont verrouillés et produisent à leur tour des intérêts les années suivantes. Une mécanique de capitalisation particulièrement efficace sur la durée.

Pour tenir cette promesse, l'assureur investit principalement en obligations, jugées sûres, et s'appuie sur un mécanisme discret mais essentiel : la provision pour participation aux bénéfices (PPB). Ce coussin financier lui permet de lisser les rendements d'une année sur l'autre et de garantir ce fameux cliquet. Même quand les marchés toussent, votre capital, lui, reste au chaud.

Le fonds en euros demeure le seul placement à capital garanti (2,65% net en moyenne en 2025, jusqu'à 5% pour les offres «boostées», à condition de placer 30% en unités de compte). Mais attention : «Quand le fonds euros sert 4,5 à 5%, vos unités de compte, plus risquées car investies notamment en Bourse ou dans l'immobilier, doivent faire au moins aussi bien», prévient Patrick Thiberge, président de Meilleurtaux Placement.

Pour espérer battre le rendement du fonds en euros, plusieurs pistes sont à privilégier comme le fonds de dette privée (de 7 à 8% brut), les sociétés civiles immobilières (SCI), les produits structurés à capital garanti versant des coupons réguliers de 5 à 6,5%, ou encore les ETF, ces fonds indiciels cotés. Côté frais, la vigilance est de rigueur : 0,5% d'écart annuel représente plus de 5% de capital perdu sur dix ans. Les meilleurs produits du marché affichent zéro frais d'entrée, des frais de gestion sous 0,6% et aucuns frais d'arbitrage.

Une idée reçue tenace veut que vous soyez prisonnier de votre contrat. C’est faux. «On peut racheter à tout moment. Seule la fiscalité diffère avant ou après huit ans», insiste Patrick Thiberge. Certains assureurs proposent même le rachat instantané : le capital est viré en moins d'une heure sur le compte courant.

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