
1 580 euros : c'est la pension que touchent en moyenne les retraités français. Pour compléter cette allocation et ne pas trop perdre en niveau de vie quand sonne l'heure d'une retraite bien méritée, nombreux sont les épargnants à économiser aussi durant leur vie active. Ils sont par exemple 10 millions à avoir ouvert un plan d'épargne retraite (PER) depuis son lancement en 2019. Grâce à ce produit d'épargne bloqué jusqu'au lendemain de leur pot de départ - sauf cas exceptionnels -, ils peuvent en effet se créer un complément de revenu pour leurs vieux jours.
Mais quel pécule faut-il se construire pour être sûr de profiter d'une retraite confortable ? Votre objectif d'épargne dépendra bien entendu de votre pension de base, de l'argent que vous pourrez mettre de côté chaque mois, du nombre d'années qui vous sépare de la retraite, etc. Mais capitaliser 250 000 euros sur son PER est un beau défi, puisqu’avec ce montant, vous pouvez toucher 1 000 euros en plus par mois (1 041 euros* précisément) pendant 20 ans, soit l'espérance de vie moyenne à la retraite.
Commencer tôt : une nécessité pour réduire l'effort d'épargne mensuel
Pour y parvenir, différents parcours d'épargne sont possibles : nous les avons explorés avec les experts d'Eres, groupe spécialisé dans l'épargne retraite. Il faut d'abord avoir en tête que trois grandes variables vont avoir une influence sur le montant à débloquer le jour de votre retraite : votre âge, votre profil de risque et l'effort d'épargne mensuel que vous pouvez assumer. Pour le dire simplement : plus vous commencerez tôt à mettre de côté chaque mois, et a fortiori en acceptant de prendre des risques, plus il sera facile d'atteindre cet objectif financier.
Disons-le toutefois d'emblée : contrairement à un objectif de 100 000 euros d’épargne à la retraite, il faudra, cette fois, impérativement accepter une dose de risque pour arriver à 250 000 euros. En effet, même en s'y prenant le plus tôt possible - c'est-à-dire à 34 ans, pour un départ à 64 ans -, seul un profil dynamique parvient à 253 534 euros après 30 ans d'épargne, et avec des versements raisonnables (1 000 euros en mise de départ puis 200 euros tous les mois, soit 73 000 euros au total). Pour arriver à 265 344 euros avec un profil prudent, il faudra un effort d'épargne plus conséquent : 450 euros tous les mois sur 30 ans, soit 163 000 euros au total.
Profil dynamique obligatoire si vous ne touchez pas à votre PER avant la retraite
Pour rappel, le mode de gestion par défaut des PER est la gestion profilée à horizon, qui consiste à laisser votre portefeuille être piloté par votre assureur ou son gestionnaire, le tout en choisissant au départ un profil de risque : prudent, équilibré ou dynamique. Dans nos projections, le profil dynamique prend l'hypothèse d'un rendement annuel moyen de 7%, ce qui est raccord avec la performance moyenne constatée sur ce profil en 2023 (7,71% selon le site Good Value for Money). Etant davantage investi sur des actifs risqués (actions, obligations, immobilier, etc.), ce profil est potentiellement le plus rémunérateur sur la durée, mais il peut aussi faire perdre en capital à court terme, ce qui pénalisera, par exemple, les épargnants qui comptaient utiliser leur PER pour financer l’achat de leur résidence principale.
Pour atteindre un capital conséquent sur son PER, mieux vaut donc ne pas avoir besoin d'y toucher jusqu'à l'échéance, et donc de disposer d'autres enveloppes pour vos projets intermédiaires (assurance vie, livrets, etc.). D'autant que les choses se compliquent encore à mesure que la retraite approche. Pour un PER ouvert à 44 ans, par exemple - soit à 20 ans de la retraite, - il faudra verser au moins 500 euros par mois, toujours en profil dynamique, pour partir avec 266 021 euros. Avec ce même effort d'épargne, un profil équilibré ne parviendra qu'à 197 245 euros, et un prudent qu'à 166 382 euros.
A 10 ans de la retraite, il faut une mise de départ ou des versements conséquents
Enfin, c'est à 10 ans de la retraite que la mission devient presque impossible. Avec un PER ouvert à 54 ans, un profil dynamique ne parvient qu'à se constituer 176 104 euros de capital supplémentaire, malgré 1 000 euros de versements mensuels ! Seules solutions pour cocher l'objectif : conserver cet effort mensuel, mais en arrivant avec 40 000 euros à l'ouverture (résultat : 254 480 euros), ou garder une mise de départ de 1 000 euros, mais en acceptant de verser pas moins 1 500 euros tous les mois sur son PER (à la clef : 263 151 euros).
Pour réduire l'effort d'épargne, n'oubliez pas toutefois que vous pouvez déduire les versements effectués vers un PER de votre revenu imposable, le tout dans la limite de 10% de vos revenus annuels. «Un avantage qui devient véritablement intéressant à partir d'une tranche marginale d'imposition (TMI) de 30%», confie Bruno Lourenço, directeur commercial régional chez Eres. Ici, les 18 000 euros de versements annuels (1 500 euros x 12) peuvent par exemple être déduits de votre assiette, à conditions qu'ils n'excèdent pas 10% de vos revenus sur un an. Néanmoins, n'oubliez pas que si l'impôt est raboté à l'entrée (lors des versements), il faudra vous en acquitter à la sortie (lors des retraits), ce qui amputera ce pécule chèrement acquis !
*Montant obtenu en cas de sortie en capital et donné brut de fiscalité : si vous avez bénéficié de la déduction fiscale sur vos versements, il faudra vous acquitter de l'impôt sur le revenu lors du retrait de votre capital. Si vous n'en avez pas bénéficié, vous serez totalement exonéré.
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