Qu’est-ce que la remise gracieuse de l’impôt ?

Remise gracieuse de l’impôt : principe

Les contribuables qui subissent des difficultés financières et qui ne peuvent pas payer leurs impôts ont la possibilité de demander une remise totale ou partielle de la dette fiscale dont ils sont redevables auprès de l’administration fiscale. C’est une mesure exceptionnelle relevant du pouvoir discrétionnaire de l’administration fiscale.

Pour la taxe foncière, la taxe d’habitation et l’impôt sur le revenu

La remise gracieuse peut concerner uniquement certains impôts directs :

  • L’impôt sur le revenu : le contribuable peut solliciter une remise lorsqu’il est dans l’impossibilité matérielle d’en acquitter tout ou partie. La demande peut porter sur l’année en cours ou sur des dettes antérieures.
  • La taxe foncière : elle concerne les propriétaires de biens immobiliers bâtis ou non bâtis. Une remise peut être demandée en cas de chute de revenus.
  • La taxe d’habitation (sur les résidences secondaires) : dans des cas de précarité ou d’anomalies de situation, la remise gracieuse peut être envisagée.

Pour les amendes fiscales, pénalités et majoration en cas d’impôts payés en retard

La remise gracieuse peut également porter sur les pénalités fiscales, frais de poursuites, intérêts de retard ou majorations appliqués en cas de défaut ou de retard de paiement des impôts. Cela inclut :

  • les intérêts moratoires (0,20 % par mois de retard) ;
  • les majorations pour retard de déclaration ou de paiement (10, 40, voire 80 %) ;
  • les amendes fiscales diverses.

Peut-on demander une remise gracieuse sur le paiement de la TVA ?

La remise gracieuse ne s’applique pas aux impôts indirects, tels que la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), mais aussi :

Ces impôts ne relèvent pas de la logique de charge personnelle directe. Par exemple, la TVA est collectée par l’entreprise pour le compte de l’État, et son non-reversement constitue une faute de gestion grave. De ce fait, aucune remise gracieuse n’est accordée, sauf en cas d’erreur manifeste ou de contentieux formel.

Qu’est-ce qu’une modération conditionnelle ?

Une modération conditionnelle est une forme particulière de remise gracieuse accordée par l’administration fiscale, sous réserve du respect de certaines conditions fixées à l’avance. Elle ne s’applique donc pas de manière immédiate et inconditionnelle, mais dépend du comportement futur du contribuable.

Modération conditionnelle : définition

La modération conditionnelle consiste en une annulation totale ou partielle d’une dette fiscale (impôt principal, pénalités, intérêts) à condition que le contribuable respecte un engagement, généralement de paiement échelonné ou de bonne conduite fiscale pendant une période déterminée, notamment s’il n’est pas à jour de ses obligations déclaratives.

En cas de non-respect de la condition, la remise peut être annulée rétroactivement, et la totalité de la dette devient immédiatement exigible.

Modalités pratiques

La décision est notifiée par écrit, avec les conditions précises à respecter (durée, montant, échéances, obligations). Le contribuable doit ensuite accepter expressément les conditions : par signature ou acquiescement écrit. Un suivi est effectué par l’administration pour vérifier la bonne exécution.

Quelles sont les conditions pour en bénéficier d’une remise gracieuse ?

Un motif légitime pour demander une remise de sa dette fiscale

Il n’y a pas de conditions précises pour l’obtention de la remise gracieuse de l’impôt, l’approche reste individualisée. En revanche, certains critères peuvent influer sur le choix de l’administration fiscale. Par exemple :

  • la perte d’un emploi ;
  • le décalage de la période de paiement de l’impôt ;
  • une circonstance exceptionnelle (décès du conjoint, séparation, invalidité, maladie) ;
  • un surendettement.

Une prise en compte des antécédents fiscaux

À la réception de la demande de remise gracieuse, ces éléments sont pris en compte par l’administration. Mais pas que. Elle examine aussi les antécédents fiscaux du demandeur (accumulation d’arriérés, rappels suite à contrôle, etc.), ainsi que les engagements pris et les efforts fournis dans le passé pour rembourser la dette fiscale.

Une estimation des capacités de remboursement

L’administration fiscale procède également à une évaluation rigoureuse de la capacité réelle du contribuable à faire face à sa dette, sur la base de sa situation économique et sociale actuelle. Elle regarde notamment une éventuelle disproportion entre l’importance de la dette fiscale et le niveau de revenus.

Comment faire une demande de remise gracieuse pour une amende fiscale au Trésor public ?

Faire une simple demande à l’administration fiscale

Aucun formalisme particulier n’est exigé. Il convient simplement d’effectuer une demande contenant tous les renseignements nécessaires pour que l’administration fiscale identifie le contribuable et l’imposition concernés. Elle doit néanmoins contenir un certain nombre d’informations nécessaires :

  • les coordonnées complètes du contribuable ;
  • le numéro fiscal et la référence de l’avis de remboursement ;
  • une demande explicite de remise gracieuse ;
  • le formulaire 4805-SD complété (fortement recommandé) ;
  • tout document justificatif (relevés de comptes, charges, attestations, etc.).

Formulaire de demande de remise gracieuse impôts

Les demandes formulées auprès de l’administration fiscale sont examinées en prenant en compte l’ensemble de la situation personnelle du contribuable. De fait, il est recommandé de joindre à la demande de remise gracieuse le formulaire 4805-AP-SD, « Demande gracieuse ou délais de paiement – Difficultés de paiement des impôts des particuliers ».

Ce formulaire permet à l’administration de disposer d’une vue d’ensemble de la situation financière du demandeur, notamment à travers :

  • les revenus mensuels du foyer ;
  • les charges courantes (loyer, crédit, pension, etc.) et les dépenses incompressibles ;
  • les éventuelles dettes existantes ;
  • le reste à vivre calculé ;
  • les justificatifs de la situation (avis de situation France Travail, certificats médicaux, attestations de séparation, etc.).

Où envoyer sa demande de remise gracieuse ?

Par courrier

La demande écrite doit être adressée, par simple courrier, au service des impôts dont dépend le lieu d’imposition. Il s’agit du Centre des Finances Publiques du contribuable. Si la demande concerne la majoration en cas de retard de paiement, elle doit être adressée au Service des Impôts des Particuliers (SIP) ou à la trésorerie émettrice de l’avis de paiement.

En personne ou en ligne

Il est également possible de faire le dépôt de sa déclaration directement au guichet des impôts, ce qui permet un échange avec un agent qui peut guider sur les justificatifs à fournir. Par ailleurs, la démarche peut se faire en ligne, via l’espace particulier sur impots.gouv.fr, en utilisant la messagerie sécurisée.

Comment demander une remise gracieuse pour un trop-perçu ?

Demander une remise gracieuse pour un trop-perçu (c’est-à-dire lorsqu’un contribuable doit rembourser une somme qu’il a perçue indûment, par exemple, une avance de crédit d’impôt ou une erreur de calcul à son avantage) suit la même logique que pour les dettes fiscales classiques, mais avec quelques spécificités.

Comprendre la raison du trop-perçu

Un trop-perçu peut résulter d’un versement anticipé mal évalué ou d’une modification de situation déclarative. Ce montant devient alors une créance de l’État, que le contribuable doit rembourser. En cas de graves difficultés financières, il peut demander une remise gracieuse, totale ou partielle, de ce montant.

Contenu de la demande de remise gracieuse

La demande de remise gracieuse doit être motivée, en démontrant clairement la bonne foi du contribuable (il n’a pas sciemment dissimulé des éléments) et les difficultés économiques réelles rendant le remboursement difficile. Il est aussi important de montrer l’impact qu’aurait le remboursement sur sa situation.

Dans le cas d’un trop-perçu, l’administration est souvent moins souple qu’en matière d’impôts classiques. Il est donc essentiel de fournir un dossier solide, sincère et bien argumenté.

Demande de remise gracieuse : réponse de l’administration fiscale

Délai de réponse des impôts

Dans la pratique, l’administration fiscale donne une réponse dans les meilleurs délais. Toutefois, si, à l’issue d’un délai de deux mois, elle n’a pas répondu à la demande, celle-ci est considérée comme rejetée. Un délai de réponse supplémentaire peut avoir lieu (quatre mois), si la situation est complexe. Il en sera alors informé par l’administration.

Examen de la demande

Dès réception de la demande, l’administration fiscale analyse la situation personnelle du contribuable. Elle tient compte des différents éléments qui sont portés à sa connaissance, à savoir une perte de revenus indépendante de la volonté du contribuable (chômage) ou une situation exceptionnelle telle qu’un décès, une séparation ou encore une invalidité.

Décision de l’administration

À l’issue de l’examen du dossier du contribuable, l’administration fiscale a trois options :

  • rejeter la demande ;
  • accepter purement et simplement la demande ;
  • accepter la demande sous conditions.

Elle n’a pas à motiver sa décision t donc aucune raison ne sera fournie en cas de refus par l’administration fiscale.

Que faire en cas de remise gracieuse refusée ?

En cas de décision de rejet, le contribuable peut contester cette décision et tenter un recours amiable devant le tribunal administratif. Il dispose de deux mois à compter de la notification de la décision de rejet pour agir. Le recours n’est pas suspensif : si des délais de paiement ont été accordés, ils continuent à courir.

Faire un recours hiérarchique

Le contribuable peut déposer un recours hiérarchique auprès d’un responsable supérieur du centre des finances publiques. Il doit être envoyé par écrit et réexpliquer la situation, éventuellement en apportant de nouveaux éléments. Il est obligatoire de mentionner explicitement qu’il s’agit d’un recours hiérarchique.

Saisir la commission des recours amiables (CRA)

Si le refus concerne une dette liée à un trop-perçu d’allocation ou d’impôt sur revenu prélevé à la source, il est parfois possible de saisir la commission des recours amiables. Ce recours est utile si le contribuable estime la décision injuste, mais ne veut pas aller en contentieux.

Saisir le juge administratif

Le juge administratif peut être saisi, mais uniquement si l’administration a commis une erreur manifeste d’appréciation (rarement reconnu). Cela concerne des cas où le refus est manifestement contraire à l’équité ou fondé sur des éléments erronés ou incomplets. La voie contentieuse est longue et incertaine, et ne concerne que des cas spécifiques et rares.

Demander un échelonnement ou un délai de paiement

Même en cas de refus de remise, l’administration fiscale peut être plus souple sur les modalités de paiement. Il est possible de solliciter :

  • un échelonnement de la dette (mensualisation sur plusieurs mois) ;
  • un report temporaire du paiement ;
  • ou un ajustement des échéances en fonction de la situation financière.

Ces demandes peuvent aussi être faites via le formulaire 4805-SD ou directement via la messagerie sécurisée.

Modèle de lettre aux impôts pour un courrier de demande de remise gracieuse

Objet : Lettre de demande de remise gracieuse

Madame, Monsieur,

Suite à votre courrier du… (indiquer la date du courrier), m’informant de l’application d’une majoration de ma dette fiscale par application de pénalités de retard d’un montant de… (mentionner le montant des pénalités de retard), je vous adresse ce courrier afin de vous demander de bien vouloir m’accorder, à titre exceptionnel, une remise gracieuse des pénalités de retard.

En effet, mon retard est lié à des difficultés financières que je traverse actuellement (expliquer la situation, par exemple, une perte imprévisible de revenus, un décès, etc.).

Le fait de rajouter à ma dette fiscale une majoration ne ferait qu’aggraver ma situation. Ainsi, je fais appel à votre indulgence et votre tolérance et vous demande de bien vouloir accepter ma demande de remise gracieuse.

Je vous remercie par avance pour l’attention que vous porterez à ma demande.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations les plus sincères.

Prénom(s) Nom

Comment demander à payer en plusieurs fois ses impôts ?

Conditions d’éligibilité

Tout contribuable rencontrant des difficultés financières passagères peut demander à échelonner le paiement de ses impôts. Cette demande peut concerner l’impôt sur le revenu, la taxe foncière, la taxe d’habitation (résidences secondaires) ou des pénalités fiscales. En revanche, elle ne s’applique pas aux impôts indirects.

Contenu de la demande

La demande doit expliquer clairement la nature de l’impôt concerné, la raison des difficultés de paiement et proposer, si possible, un plan de règlement réaliste (par exemple, un paiement en trois ou quatre mensualités). Il est recommandé d’y joindre le formulaire n° 4805-SD, qui permet de présenter sa situation financière (revenus, charges, dettes).

Transmettre sa demande

La demande peut être faite de trois manières :

  • En ligne, via la messagerie sécurisée de l’espace personnel sur impots.gouv.fr.
  • Par courrier, adressé au Service des Impôts des Particuliers (SIP).
  • En personne, au guichet du centre des finances publiques.
  • En ligne, il suffit d’aller dans la messagerie, de cliquer sur « Écrire », puis de choisir « J’ai un problème concernant le paiement de mon impôt ».

Réponse de l’administration

L’administration peut accepter le plan proposé, en suggérer un autre ou refuser. En cas d’accord, elle envoie un échéancier de paiement de quatre versements, le plus souvent, que le contribuable doit respecter. Un incident (retard, défaut de paiement) peut entraîner son annulation et le recouvrement immédiat du solde.

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