
Frais réels ou forfait de 10 % : le choix peut faire varier votre impôt de plusieurs centaines d’euros. Pour la déclaration 2026, le barème kilométrique reste un outil clé pour les contribuables qui utilisent leur véhicule pour aller travailler. Dans un contexte de prix élevés du carburant, cette option peut s’avérer particulièrement avantageuse, à condition de bien maîtriser les règles.
Par défaut, l’administration applique une déduction forfaitaire de 10 % sur les salaires. Mais certains contribuables ont intérêt à opter pour les frais réels. « Les contribuables peuvent renoncer à cette déduction forfaitaire pour déduire leurs frais réels », rappelle la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Une décision qui nécessite de bien comprendre les barèmes et les conditions d’éligibilité.
Frais réels ou forfait de 10 % : que choisir ?
Par défaut, l’administration applique donc une déduction forfaitaire de 10 % sur vos salaires, censée couvrir vos dépenses professionnelles courantes. Aucune démarche n’est nécessaire. Mais cette solution n’est pas toujours la plus avantageuse. Cette option est particulièrement intéressante pour les salariés qui effectuent de longs trajets ou supportent des frais élevés.
Barème kilométrique : quelles distances sont prises en compte ?
Les trajets domicile-travail sont déductibles mais dans certaines limites. Selon la DGFiP, trois cas de figure existent :
- jusqu’à 40 km entre le domicile et le lieu de travail, soit 80 km aller-retour, l’intégralité du trajet est prise en compte
- au-delà de 40 km, la distance est en principe plafonnée
- sauf si vous pouvez justifier cet éloignement (contraintes professionnelles, situation familiale…)
« L’intégralité de la distance peut être retenue si elle est justifiée par des circonstances particulières », précise l’administration. Dans ce cas, une note explicative doit être jointe à la déclaration.
Barème kilométrique 2026 : aucun coup de pouce cette année
Mauvaise nouvelle : le barème kilométrique n’est pas revalorisé en 2026. Il reste identique à celui de l’an dernier.« Le barème prend en compte l’ensemble des frais liés à l’utilisation du véhicule », souligne la DGFiP. Cela inclut notamment :
- la dépréciation du véhicule
- les frais d’entretien et de réparation
- le carburant
- l’assurance
Barème auto 2026 (véhicules thermiques, hybrides et hydrogène)
Pour les voitures, le calcul dépend de la puissance fiscale et des kilomètres parcourus.
Exemples :
- 3 CV et moins : 0,529 €/km jusqu’à 5 000 km
- 5 CV : 0,636 €/km jusqu’à 5 000 km
- 7 CV et plus : 0,697 €/km jusqu’à 5 000 km
Au-delà de certains seuils (5 000 km et 20 000 km), des formules spécifiques s’appliquent.
- Exemple concret :
Pour 4 000 km parcourus avec une voiture de 6 CV, vous pouvez déduire : 4 000 × 0,665 = 2 660 €
Véhicules électriques : un avantage fiscal maintenu
Bonne nouvelle pour les conducteurs de véhicules électriques : le barème est majoré de 20 %.
« Les frais liés à la recharge et à la batterie sont déjà intégrés dans le calcul », précise la DGFiP.
Exemples :
- 4 CV électrique : 0,727 €/km jusqu’à 5 000 km
- 6 CV électrique : 0,798 €/km
- 7 CV et plus : 0,836 €/km
Moto, scooter : quels montants en 2026 ?
Le barème s’applique aussi aux deux-roues, avec des montants spécifiques.
Motos et scooters (plus de 50 cm³)
- 1 à 2 CV : 0,395 €/km jusqu’à 3 000 km
- 3 à 5 CV : 0,468 €/km
- plus de 5 CV : 0,606 €/km
Cyclomoteurs (50 cm³ et moins)
- 0,315 €/km jusqu’à 3 000 km
- puis formules dégressives au-delà
Quels frais peut-on ajouter ?
Le barème kilométrique couvre déjà une large partie des dépenses liées à l’utilisation du véhicule : carburant, entretien, assurance ou encore usure. Mais certains frais peuvent venir s’ajouter en complément, ce qui permet d’augmenter le montant total déductible.C’est notamment le cas des intérêts d’emprunt si vous avez acheté votre véhicule à crédit, à condition de ne retenir que la part correspondant à l’usage professionnel.
Les frais de péage pour vos trajets domicile-travail ou déplacements professionnels peuvent également être intégrés, tout comme les frais de stationnement (parking, parcmètre, abonnement). Attention toutefois : ces dépenses doivent être strictement justifiées. « L’utilisation du barème kilométrique ne dispense pas d’apporter des justificatifs », insiste la DGFiP. En cas de contrôle, l’administration peut exiger factures, tickets ou relevés détaillant le kilométrage. Une vigilance indispensable pour éviter tout redressement.
Peut-on choisir les dépenses réelles ?
Oui, il est possible de renoncer totalement au barème kilométrique pour déclarer vos dépenses réelles, poste par poste. Cela concerne notamment le carburant, l’entretien, les réparations, l’assurance ou encore la dépréciation du véhicule. Cette option peut être intéressante si vos frais sont particulièrement élevés.Mais ce choix implique une contrainte majeure : tout doit être justifié avec précision. Il faut être capable de détailler chaque dépense et de distinguer la part liée à l’usage professionnel de celle relevant de l’usage personnel.
Autre point clé : même en optant pour les frais réels, vous ne pouvez pas déduire un montant supérieur à celui calculé avec le barème kilométrique. « Ces frais sont plafonnés au montant admis en déduction par le barème kilométrique », rappelle l’administration fiscale. En pratique, le barème reste donc une solution simple et sécurisée pour la majorité des contribuables. Le recours aux frais réels, plus complexe, est surtout pertinent dans des situations spécifiques, notamment pour les très gros rouleurs ou les véhicules coûteux à l’usage.



















