Beaucoup de salariés passent à côté… alors que cette case peut faire toute la différence sur leur déclaration. Dans la déclaration de revenus 2026, la case 1PB concerne les pourboires exonérés perçus en 2025, notamment dans l’hôtellerie-restauration. Contrairement à une idée répandue, ces sommes ne sont pas toujours imposées, mais doivent être déclarées, sous peine de fausser certaines informations fiscales.

« Les pourboires sont en principe imposables, car ils constituent un complément de salaire. Mais il existe une exonération depuis 2022, prolongée jusqu’en 2028 », explique Joris Leclercq. Cette mesure a été mise en place pour soutenir le pouvoir d’achat des salariés aux revenus modestes, dans un contexte de baisse des paiements en espèces et de développement des paiements par carte bancaire.

Encore faut-il remplir toutes les conditions.

Qui peut bénéficier de l’exonération sur ses pourboires ?

Tous les salariés ne sont pas concernés. Il faut être salarié en contact direct avec la clientèle, comme dans la restauration ou l’hôtellerie. Les indépendants ou freelances sont exclus du dispositif.

Autre condition clé : la rémunération. Le salaire mensuel, hors pourboires, ne doit pas dépasser 1,6 fois le Smic, soit environ 2 883 euros brut par mois en 2025. En 2026, avec un Smic brut autour de 1 820 euros, ce plafond atteint environ 2 917 euros brut mensuels.

Autre point déterminant : seuls les pourboires laissés volontairement par les clients sont concernés. « Si un pourcentage est automatiquement ajouté à l’addition, ce n’est pas un pourboire mais un élément de salaire classique », précise l’avocat.

Au-delà de 1,6 fois le Smic, les pourboires perdent le bénéfice de l’exonération.

Pourquoi il faut les déclarer… même exonérés

C’est toute la subtilité de la case 1PB : déclarer ne signifie pas payer plus d’impôt. « Déclarer ne veut pas dire être imposé », résume Joris Leclercq. Mais cela reste utile, et même recommandé. Ces montants sont intégrés au revenu fiscal de référence (RFR), utilisé pour calculer certaines aides.

« Le risque n’est pas fiscal à proprement parler, puisque ces pourboires peuvent être exonérés. En revanche, ne pas les déclarer peut fausser le revenu fiscal de référence et avoir des conséquences sur certaines aides sociales », précise Joris Leclercq.

En pratique, lorsque les pourboires sont versés via l’employeur, notamment après un paiement par carte bancaire, ils peuvent apparaître sur le bulletin de salaire. Dans ce cas, ils sont plus facilement identifiables et peuvent même être préremplis dans la déclaration.

À l’inverse, les pourboires perçus directement en espèces, laissés à la main par les clients, nécessitent une estimation par le salarié, ce qui rend leur déclaration plus incertaine.

Exemple concret : quand devez-vous déclarer ?

Un serveur payé 2 000 euros brut par mois en 2025 et percevant 300 euros de pourboires reste sous le seuil de 2 883 euros. Résultat : ses pourboires sont exonérés, mais doivent être déclarés en case 1PB.

En cas de doute, mieux vaut vérifier son bulletin de salaire ou se rapprocher de son employeur pour connaître le montant exact à déclarer.